L'ex-chef de campagne de Trump en détention provisoire

Paul Manafort l’ex-chef de campagne de Trump en prison jusqu'à son procès

Paul Manafort arrivant au tribunal fédéral ce vendredi à Washington DCPlus

La justice a révoqué sa liberté conditionnelle ce vendredi 15 juin. L'ex-chef de campagne de Donald Trump avait été placé fin octobre dernier en résidence surveillée avec port de bracelet électronique lors de son inculpation.

La juge a pris cette décision après que le procureur spécial, Robert Mueller, qui conduit l'enquête sur le rôle de la Russie pendant la campagne des présidentielles américaines de 2016, a avancé que M. Manafort et l'un de ses associés avaient tenté de peser sur des témoins entendus dans le cadre de l'affaire.

Selon M. Mueller, Paul Manafort a ces derniers mois essayé de façon répétée de téléphoner ou d'envoyer des SMS à deux de ses anciens associés, dans l'objectif d'obtenir grâce à eux un tournant favorable de l'enquête en cours.

La juge de la cour fédérale du District of Columbia à Washington a déploré que Paul Manafort ait traité cette procédure judiciaire comme un "exercice de marketing". Il est poursuivi par la cour fédérale de Columbia pour blanchiment d'argent et conspiration contre les États-Unis, mais aussi par le tribunal fédéral d'Alexandria pour fraude bancaire et fiscale. Un second procès pour conspiration contre les Etats-Unis est prévu en septembre prochain.

Aucun des chefs d'accusation retenus par le procureur Mueller ne fait cependant référence à la présumée ingérence russe ou aux soupçons de collusion entre des membres de l'équipe Trump et Moscou. Il entretient de longue date des liens avec les cercles politiques pro-russes d'Ukraine, dont l'ancien président Viktor Ianoukovitch, ainsi qu'avec un oligarque russe proche du Kremlin.

Mais Paul Manafort n'a pas encore été lâché par la Maison Blanche, commente notre correspondant à New York, Grégoire Pourtier.

Paul Manafort, l'ancien chef de campagne de Donald Trump est sous le coup de deux procédures judiciaires. Le président américain qui a qualifié l'affaire de l'ingérence russe de discréditée a réagi à l'annonce de la mise en détention de son ancien bras droit. Et si son incarcération est évidemment motivée par la tentative de subornation de témoin, le procureur spécial espère sans doute aussi qu'elle le fasse réfléchir alors qu'il risque techniquement plusieurs centaines d'années de prison.

Dans la journée, Donald Trump a dit que le traitement infligé à Paul Manafort était injuste. Parlant d'une " peine " alors qu'il n'est pas encore question de condamnation, il a estimé qu'on le traitait comme s'il était le chef de la mafia.

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