Suède: Une ville invente le "permis de mendier".

Dès l'entrée en vigueur de l'arrêté le 1er octobre un permis coûtera 150 couronnes, sous peine d'amende

Dès l'entrée en vigueur de l'arrêté le 1er octobre un permis coûtera 150 couronnes, sous peine d'amende. REUTERS Yannis Behrakis

Loin de se contenter de délivrer des permis de mendier, l'arrêté prévoit un coût à ces autorisations: 15 euros. Jeudi 14 juin, la municipalité d'Eskilstuna a adopté un arrêté obligeant les mendiants à demander un permis, d'un montant de 150 couronnes (15 euros).

"Une autorisation des autorités policières pour la collecte passive d'argent est obligatoire dans certaines zones géographiques", stipule le texte adopté à la majorité absolue. Votée par les socio-démocrates, les centristes, les conservateurs et l'extrême droite, cette loi oblige dorénavant les sans-abris à avoir un permis de faire la manche. Dans les rues de cette ville, il sera désormais interdit de mendier si on n'a pas au préalable obtenu un "permis de mendier". Les écologistes, le parti de Gauche, Libéraux et les chrétiens-démocrates ont voté contre.

Le conseil municipal de cette ville située à une centaine de kilomètres de Stockholm assure vouloir seulement recenser les populations pauvres et très pauvres, ainsi qu'identifier les trafics. Il s'est ainsi exprimé à la radio publique suédoise: "Nous sommes une société civilisée, où règne l'ordre, avec de la bureaucratie, des institutions". Un adjoint social-démocrate, Jimmy Jansson précise que l'idée n'est pas d'entraver la mendicité mais de permettre aux associations ou aux services d'aide sociale d'entrer en contact avec les personnes vivant de la mendicité. Et le cas échéant "pour les aider à rentrer dans leur pays", a ajouté l'élu.

Cité par plusieurs médias, le Premier ministre social-démocrate Stefan Löfven a jugé l'initiative "intéressante".

Le texte doit encore obtenir l'aval du comté et il pourrait être jugé inconstitutionnel.

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