Décès de Naomi Musenga: la procédure au Samu de Strasbourg "pas conforme"

Décès de Naomi Musenga en France la procédure au Samu de Strasbourg a été jugée non conforme

Décès de Naomi Musenga en France: la procédure au Samu de Strasbourg a été jugée non conforme

L'enquête menée par l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) après la mort, fin décembre, de Naomi Musenga a conclu que la "procédure de régulation" générale établie par le Samu de Strasbourg n'était "pas conforme aux recommandations de bonnes pratiques et source de risque pour les patients".

L'Inspection générale des affaires sociales relève dans un rapport publié mercredi les réponses "non adaptées" du Samu de Strasbourg lors de l'appel de Naomi Musenga, décédée fin décembre.

La jeune femme, mère d'une fillette de 18 mois, est morte des suites d'un infarctus. Quelques heures avant son transport à l'hôpital, elle avait appelé le Samu en raison d'intenses maux de ventre.

"Alors que tout appel à caractère médical devrait être +régulé+ par un médecin, la procédure en vigueur au Samu de Strasbourg permettait aux assistants de régulation médicale, dans certains cas, de traiter seuls ce type d'appels", déplorent-ils.

Révélée début mai par l'hebdomadaire alsacien Heb'di qui avait mis en ligne sur son site l'enregistrement de l'appel, l'affaire avait provoqué une vague d'indignation.

Le parquet de Strasbourg avait annoncé en mai dernier l'ouverture d'une enquête préliminaire sur le décès en décembre de Naomi Musenga, 22 ans, prise en charge tardivement par les urgences, après avoir d'abord été raillée au téléphone par une opératrice du Samu. À 13 h 47, " une autre assistante de régulation médicale reçoit un appel de SOS Médecins et le transfère au médecin régulateur", déclenchant ainsi l'envoi du service mobile de réanimation, qui arrivera sur place à 13 h 58, précise le rapport. C'était le cas par exemple si les opérateurs estimaient qu'il n'y avait pas d'urgence vitale "avérée ou potentielle ou de besoin de réponse médicale immédiate".

La direction générale fait notamment savoir qu'elle a accepté la démission du responsable de service et avoir engagé une procédure disciplinaire à l'encontre de l'assistante de régulation médicale qui a réceptionné l'appel.

"Ainsi, " le non-respect de la procédure interne de régulation " par l'opératrice, " à deux reprises, a conduit à un retard de prise en charge adaptée de 2h19 " mais " seule une expertise clinique permettrait de mesurer la perte de chance " de survie " afférente à ce délai", indiquent-ils. "Elle ne pose alors " aucune question permettant d'éclairer l'état clinique de la patiente " et conseille plusieurs fois à la jeune femme d'appeler SOS Médecins, bien qu'elle ait dit " explicitement qu'elle n'était pas en mesure de le faire ", détaillent les inspecteurs.

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