Le gouvernement gèle les APL, les ménages vont encore "perdre" cinq euros

La fondation Abbé Pierre dénonce une nouvelle baisse des APL avec la non-revalorisation exceptionnelle adoptée dans le budget 2018

APL : vers un nouveau manque à gagner de 5 euros pour les bénéficiaires ?

Après une baisse de cinq euros en 2017, les APL pourraient à nouveau voir leur montant diminuer. L'organisation a pioché dans le budget 2018 pour en tirer une mesure largement passée inaperçue lors de son adoption à la fin de l'an dernier: elle annule pour cette année la revalorisation automatique des APL en fonction de l'évolution moyenne des loyers calculée par l'Insee.

L'information a été révélée par Manuel Domergue, le directeur d'études de la Fondation Abbé Pierre. Manuel Domergue détaille ainsi que si le montant d'une APL est de 231 euros par mois en moyenne, le manque à gagner pourrait se chiffrer aux alentours de 4,20 euros par mois.

" Il n'y a absolument rien de caché", s'est agacé mardi Jacques Mézard, lors d'un entretien avec des journalistes en marge de la signature d'une convention entre le ministère et le réseau Procivis, spécialiste de l'acquisition à la propriété". "Toutes les décisions (...) ont été votées en toute transparence", a-t-il affirmé, soulignant au passage qu'" il ne s'agit pas d'une baisse (...) mais tout simplement d'une non-augmentation". Or, en 2018, l'indice devrait croître de 1,8 %. Donc, une perte moyenne de près de 10 euros d'APL en deux ans. Une exception avait déjà été faite à la règle en 2012 sous l'administration de Nicolas Sarkozy. Le premier ministre Édouard Philippe avait qualifié de "pas intelligent" ce coup de rabot qui représente une économie mensuelle de 32,5 millions d'euros pour le budget de l'Etat, mais l'avait justifié par la nécessité de réaliser les économies prévues dans le budget 2017 par la majorité précédente. "Dit-il vrai? Selon BFM Business, cette non-revalorisation en octobre 2018 a été inscrite dans un petit alinéa de la loi de finances 2018". Le décret du 28 septembre 2017 relatif aux aides personnelles au logement et au seuil de versement des allocations de logement qui avait acté cette baisse n'indique en effet aucune limite de temps.

Cette interprétation hérisse le gouvernement au moment où il met l'accent sur le volet social de sa politique du logement, peu après l'adoption à l'Assemblée de son vaste projet de loi "Elan" sur le secteur.

Dernières nouvelles