Les USA quittent le Comité des droits de l'homme de l'Onu

Longtemps brandi comme menace, le retrait des Etats-Unis du Conseil des droits de l'Homme (CDH) de l'ONU basé à Genève a été finalement annoncé par le secrétaire d'Etat Mike Pompeo et l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, mardi 19 juin.

Si l'ambassadeur d'Israël à l'ONU Danny Danon s'est réjoui de ce retrait et a remercié les Etats-Unis pour leur refus "de la haine aveugle à l'égard d'Israël dans les institutions internationales", le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a dit qu'il "aurait préféré que les Etats-Unis restent au Conseil des droits de l'homme", a déclaré son porte-parole.

Une décision attendue. Cette décision "va mettre le pays en marge des initiatives mondiales cruciales pour défendre les droits de l'Homme", a déploré l'ONG Human Rights Watch.

Mme Haley et M. Pompeo ont insisté sur le fait que les Etats-Unis resteraient un héraut des droits de l'homme dans le monde mais, pour beaucoup, cette décision reflète la défiance du gouvernement américain envers les organismes multilatéraux.

La veille, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme avait vivement critiqué la politique américaine de séparation systématique des enfants de migrants de leurs parents à la frontière avec le Mexique. À la mi-2017, la représentante des États-Unis à l'ONU, Nikki Haley, avait appelé à une profonde réforme de l'organe principal du système onusien en matière de droits de l'homme, créé en 2006 pour remplacer la Commission du même nom. Depuis, une réforme est certes en cours mais davantage pour rationaliser le travail du Conseil que pour aborder des questions politiques. Ils avaient aussi demandé un renforcement du processus de sélection des Etats membres. "Mais, Donald Trump n'est intéressé que par la défense d'Israël", a déploré Human Rights Watch.

Washington voulait aussi que la question des "droits de l'homme en Palestine" ne soit plus systématiquement mise à l'ordre du jour du CDH.

Les Etats-Unis ont déjà protesté à de multiples reprises contre le maintien de ce point parmi les dix présentés à chaque session du Conseil.

En particulier, le fait qu'Israël soit le seul pays au monde ayant un point fixe (appelé point 7) à l'ordre du jour de chaque session, soit trois fois par an, provoque la colère des Etats-Unis.

Depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche début 2017, les États-Unis se sont retirés de l'UNESCO, ont coupé plusieurs financements à des organes de l'ONU, et ils ont annoncé notamment leur retrait de l'accord de Paris sur le climat et de l'accord nucléaire avec l'Iran endossé par les Nations unies. Sous le républicain George W. Bush, ils avaient boycotté le CDH dès sa création, avant de le rejoindre sous l'administration du démocrate Barack Obama.

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