États-Unis : des enfants de migrants mis en cage par l’administration Trump

La première dame des Etats-Unis Melania Trump à Washington le 6 juin 2018.                  REUTERS  Carlos Barria

La première dame des Etats-Unis Melania Trump à Washington le 6 juin 2018. REUTERS Carlos Barria

Donald Trump et son équipe répètaient depuis plusieurs jours qu'ils ne faisaient qu'appliquer la loi et que seule une modification de cette dernière par le Congrès permettrait de mettre fin aux séparations.

Selon le texte du décret, les familles seront détenues ensemble, " sauf si cela pose un risque au bien-être de l'enfant ".

Pour l'administration Trump, l'équation est désormais simple: tous les clandestins surpris du côté américain de la frontière sont donc désormais systématiquement poursuivis au pénal pour "entrée illégale", avant même de pouvoir déposer une demande d'asile, et placés en prison.

"Ce décret présidentiel remplace une crise par une autre", souligne Anthony Romero, directeur général de l'American Civil liberties union (Aclu), une organisation de défense des droits de l'homme.

Griffin, pédiatre qui s'occupe depuis dix ans des enfants retenus à la frontière entre le Texas et l'État mexicain de Chihuahua, a raconté à l'AFP le désespoir des enfants séparés.

Le parcours parlementaire s'annonce toutefois ardu malgré la majorité républicaine au Congrès.

Plus tôt, le chef des républicains à la Chambre des représentants, Paul Ryan, avait annoncé qu'il soumettrait au vote le 21 juin une loi mettant un terme aux séparations de familles de migrants franchissant illégalement la frontière et "résolvant" le statut des jeunes arrivés sans papiers aux Etats-Unis. Et même si elle passe la Chambre basse, son approbation est largement compromise au Sénat, où les républicains disposent d'une très faible marge (51-49).

À New York, une chaîne de télévision a diffusé mercredi des images de cinq fillettes accompagnées d'adultes, parlant espagnol, marchant en pleine nuit vers un centre d'accueil du quartier de Harlem, suggérant que ces enfants sont placés incognito.

Ce sont ces images d'enfants détenus dans de grands centres de rétention près de la frontière avec le Mexique qui ont renforcé la polémique.

Beaucoup de ces migrants, originaires notamment de pays secoués par des violences comme le Guatemala, le Honduras ou le Salvador, affirment redouter des persécutions sur leur terre natale et, selon l'actuel gouvernement, se passent le mot.

La ligne très dure de Donald Trump sur l'immigration - légale ou illégale - ne semble pourtant pas ralentir le flot des arrivées. "Sauver la vie de qui s'échappe de la guerre et de la misère est un acte d'humanité", a également assuré le pape François sur Twitter.

Les démocrates eux ont déjà dit qu'ils ne voteraient pas pour cette loi.

Ces annonces devraient soulager les républicains du Congrès qui se démenaient depuis des jours pour élaborer une loi face à l'indignation suscitée par des vidéos de jeunes enfermés dans des cages grillagées et des enregistrements audio d'enfants en larmes à la recherche de leurs parents.

"Trouver un moyen d'accueillir les réfugiés et les immigrants - d'avoir suffisamment de grandeur et de sagesse pour faire respecter nos lois tout en étant fidèles à nos valeurs - fait partie de ce qui nous rend américains", avait-il écrit.

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