Pourquoi la croissance française devrait ralentir en 2018

Selon l'Insee le ralentissement du PIB au 1er et 2e trimestre devrait conduire à une croissance de 1,7 % en fin d’année après 2,3 % en 2017

Coup de frein sur la croissance française en 2018

On se doutait déjà que la croissance française allait ralentir en 2018 et s'établir à 1,7%, après avoir atteint 2,3% l'an dernier, pâtissant de facteurs internationaux tels que la hausse du prix du pétrole, selon les prévisions de l'Insee publiées le 20 juin.

Le taux de chômage devrait néanmoins continuer de diminuer, mais à un rythme moins important qu'en 2017, pour toucher 8,8 % de la population active fin 2018, contre 9 % fin 2017.

Concrètement, le produit intérieur brut (PIB) français, qui n'avait progressé que de 0,2% sur les trois premiers mois de l'année, devrait augmenter de 0,3% au deuxième trimestre puis de 0,4% aux troisième et quatrième trimestre, prévoit l'Insee dans sa nouvelle note de conjoncture, intitulée "Ciel voilé en Europe".

Ce ralentissement, qui n'est pas spécifique à la France, s'explique sans doute par la conjonction de facteurs ponctuels et de déterminants plus globaux analyse l'Insee: remontée des prix du pétrole, appréciation de l'euro, craintes de tensions protectionnistes, capacités de production très sollicitées dans certains pays, etc. Au total, 183.000 créations d'emplois sont attendues cette année, contre 340.000 l'an dernier. De fait, le commerce extérieur devrait soutenir la croissance du PIB à hauteur de 0,5 point cette année, soit plus qu'en 2017 où il avait contribué à hauteur de 0,1 point de PIB.

L'Insee prévoit un ralentissement de l'investissement des entreprises sur l'année, à +3,1% contre +4,4% en 2017.

La consommation des ménages devrait de son côté progresser à un rythme modéré, de 1% en moyenne annuelle, après +1,1% l'an dernier. Il devrait toutefois connaître un rebond en fin d'année en raison de la suppression des cotisations salariales et de la réduction de la taxe d'habitation pour certains ménages.

Quant aux exportations, elles devraient rebondir après un premier trimestre en berne, portées par "une demande mondiale dynamique et par des livraisons de grands contrats aéronautiques et navals", selon la note de conjoncture. "Nous ne prévoyons pas avec Gérald Darmanin (ministre des Comptes publics, ndlr) d'économies supplémentaires", a toutefois assuré sur France Info Bruno Le Maire.

Selon l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), la croissance devrait nettement décélérer en 2018, pour atteindre à la fin de l'année 1,7 %, loin derrière les 2,3 % enregistrés en 2017.

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