Des élections générales plus serrées que prévu — Turquie

Turquie Erdogan en quête de réélection face à une opposition tenace

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Les turcs sont appelés à se rendre aux urnes ce dimanche pour voter lors d'un double scrutin présidentiel et législatif, un rendez-vous électoral crucial pour le pays après la dernière révision de la Constitution qui avait renforcé les pouvoirs du chef de l'Etat.

Le candidat du CHP à la présidentielle, Muharrem Ince, un député pugnace, s'est imposé comme le principal rival de Recep Tayyip Erdogan pour la présidentielle, électrisant plusieurs centaines de milliers de partisans lors de gigantesques rassemblements aux allures de démonstrations de force.

Les détracteurs du président turc l'accusent de dérive autocratique, en particulier depuis la tentative de putsch de juillet 2016 qui a été suivie d'une répression sans merci contre des opposants et des journalistes.

Voyant dans ces élections leur dernière chance d'arrêter M. Erdogan dans sa quête d'un pouvoir incontestable, des partis aussi différents que le CHP (social-démocrate), l'Iyi (nationaliste) et le Saadet (islamiste) ont noué une alliance inédite pour le volet législatif des élections, avec l'appui du HDP (prokurde).

"À chaque élection, j'ai de l'espoir".

Surtout, les observateurs n'excluent pas que l'alliance de l'opposition puisse priver l'AKP de sa majorité parlementaire, ce qui plongerait la Turquie dans l'inconnu au moment où elle affronte une situation économique délicate.

J-2 avant les élections présidentielles en Turquie. L'effondrement de la livre turque et une inflation à deux chiffres ont atteint le portefeuille des Turcs.

Pour M. Erdogan, cette réforme qui supprime notamment la fonction de premier ministre et permet au président de gouverner par décrets, est nécessaire afin de doter le pays d'un exécutif fort et stable.

Affichant sa confiance en dépit de l'élan qui semble porter son concurrent, M. Erdogan, 64 ans et au pouvoir depuis 2003, a assuré devant ses partisans: "Si Dieu le veut, demain soir nous nous réjouirons ensemble". Face à la mainmise du gouvernement sur les principaux médias, les candidats et partis de l'opposition se sont élevés depuis le début de la campagne contre une couverture médiatique qu'ils jugent inéquitable.

Le candidat du parti prokurde HDP, Selahattin Demirtas, qui rivalisait autrefois sur les estrades avec Recep Tayyip Erdogan, a dû faire campagne depuis une cellule de prison: accusé d'activités " terroristes", il est détention préventive depuis 2016.

Les deux formidables orateurs ont achevé une campagne électorale dynamisée par leur rivalité en haranguant des foules rassemblées à Istanbul, la plus grande ville du pays dont le vote est considéré comme déterminant pour l'issue des élections présidentielle et législatives de dimanche.

Dans ce contexte, les craintes de fraudes sont vives, notamment dans le sud-est à majorité kurde. 56,3 millions d'électeurs sont attendus aux urnes. "Je protégerai vos bulletins de vote avec ma vie", a-t-il tweeté.

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