Ile-de-France : les communes votent la fin d'Autolib'

Lancé en 2011 le service d'auto-partage pourrait s'arrêter brutalment dès le 21 juin 2018

Lancé en 2011 le service d'auto-partage pourrait s'arrêter brutalment dès le 21 juin 2018

Le syndicat va, dans les jours à venir, "négocier un protocole de sortie de contrat afin de régler l'ensemble des modalités opérationnelles", selon un communiqué qui ne précise pas la date effective de l'arrêt du service.

Ces tensions ont atteint leur paroxysme hier, lorsque le Syndicat Autolib' Vélib' Metropole a voté la résiliation du contrat le liant à Bolloré, propriétaire des petites voitures électriques en libre-partage.

Le SAVM demande en outre au groupe Bolloré de "veiller à ce que les 254 salariés de la SA Autolib', dont il a l'entière responsabilité, soient reclassés rapidement dans d'autres filiales du groupe".

"Nous irons faire prospérer nos systèmes d'autopartage là où on nous accueille", a commenté le directeur général du groupe Bolloré Gilles Alix, présent dans la salle, annonçant que le groupe allait "continuer à se battre devant le tribunal administratif".

La réunion du comité syndical, composé d'élus de tendances diverses, a d'ailleurs donné lieu à des débats tendus entre les représentants de la capitale et sa banlieue.

"Abracadabrantesque", avait commenté la maire PS de Paris Anne Hidalgo.

Reste que cette décision ne sera pas sans conséquence pour les contribuables, le groupe Bolloré semblant décidé à porter l'affaire devant la justice et obtenir un juste dédommagement.

La municipalité rencontre depuis dix jours les constructeurs automobiles, mais aussi avec les loueurs de voitures et les start-up du secteur pour remplacer le service de location de voitures électriques.

Pour Arnaud Gibert, adjoint au maire de Bezons (Val d'Oise), "la messe est dite".

Si le syndicat vote en faveur de la résiliation, alors Autolib.

Dans une interview au Monde le 21 juin 2018, Marie Bolloré, directrice du pôle mobilité électrique du groupe Bolloré, affirme ainsi avoir "proposé que le SVAM nous verse 150 millions d'euros au titre du déficit réel constaté en 2017".

Autolib, lancé il y a 7 ans par Bertrand Delanoë, ancien maire socialiste de Paris, devait courir jusqu'en 2023 sans coûter un sou aux communes bénéficiaires. Sans compter son image dégradée et ses voitures souvent sales. Il a regretté la décision de la ville de Paris, majoritaire au sein du syndicat. Communauto, Ubeeqo, Zipcar, ou encore Renault Mobility et Zencar: ces entreprises proposeraient déjà "plus de 600 véhicules" à Paris intramuros.

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