30 000 enfants atteints de troubles mentaux et du comportement — Dépakine

JoKMedia

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La Dépakine, c'est un antiépileptique de la famille valproate qui, pris pendant la grossesse, peut se révéler nocif pour le bébé.

L'étude proprement dite ne porte que sur le risque accru causé par le valproate, et non sur l'estimation du nombre d'enfants touchés en France. Cette estimation sur ces troubles neuro-développementaux (autistiques, retards mentaux, difficultés ou retards de langage...), contestée par le laboratoire Sanofi, figure à la fin d'une étude de l'Agence du médicament (ANSM) et de l'Assurance maladie-Cnam.

Pour parvenir à l'estimation du nombre d'enfants touchés, les auteurs se sont basés sur un pourcentage de risque de 30% à 40%, déjà établi par de précédentes études. "Ces données montrent que ni le laboratoire, ni les pouvoirs publics n'ont, malgré les alertes, agi suffisamment en amont pour préserver les enfants", tance Alain-Michel Ceretti, président de France Assos Santé.

Jusque là, ces deux organismes n'avaient communiqué que sur les malformations congénitales graves provoquées par la Dépakine et ses dérivés, en estimant qu'entre 2150 et 4100 enfants en avaient été victimes. Ces derniers ont cherché à savoir le nombre d'enfants atteints de troubles neuro-développementaux, après avoir été exposés in utero à l'acide valproïque contenu dans des antiépileptiques. Ils ont appliqué ce ratio au nombre total d'enfants exposés au valproate entre 1967, date de sa commercialisation, et 2016 pour traiter l'épilepsie ou les troubles bipolaires de leur mère (de 41 600, estimation basse, à 76 100, estimation haute). De son côté, l'épidémiologiste Catherine Hill était arrivée à un total possible de 14.000 enfants, un des chiffres retenus par l'association de victimes Apesac.

En revanche, pour l'APESAC, l'Association d'aide aux parents d'enfants souffrant du syndrome de l'anti-convulsivant, les chiffres publiés ce vendredi "ne sont pas une surprise ". La responsable condamne d'attitude de Sanofi qui continue de nier sa responsabilité.

Dans un communiqué, SANOFI, qui commercialise la Dépakine, "conteste fermement les estimations mentionnées dans le rapport de l'ANSM et de la CNAM".

Pour indemniser ces victimes, l'Etat aurait prévu un fonds d'indemnisation géré par l'Oniam de 424,2 millions d'euros sur 6 ans, partant du principe que le nombre de victimes seraient d'environ 10 000 et que les indemnisations oscilleraient entre 20 000 euros pur des dysmorphie et 400 000 euros pour des cas d'autisme. Elles "reposent sur des hypothèses invérifiables d'exposition au valproate pendant la grossesse, et vont ajouter de la confusion auprès des patients et des professionnels de santé" écrit-il.

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