Éthiopie : le Premier ministre Abiy Ahmed évacué après une explosion à Addis

Abiy Ahmed est la première personne issue de l'ethnie Oromo à diriger l'Éthiopie. On le voit ici livrer un discours samedi peu avant l'attentat à la grenade qui le visait

Explosion en Ethiopie – Le Premier ministre évacué

L'information a été donnée par le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed lui-même, en précisant que l'attaque de ce samedi a été faite lors d'un rassemblement public en sa présence dans le centre de la capitale Addis Abeba. "Nous demandons au Premier ministre de modifier à présent les lois qui restreignent la liberté d'expression et de mettre fin à un système de surveillance qui a longtemps été utilisé pour intimider les journalistes".

À 15h00 locales soit 12h00 GMT, le ministre de la Santé Amir Aman a porté le bilan à un mort et 154 blessés.

M. Abiy a estimé que l'incident avait été planifié par des groupes cherchant à discréditer le rassemblement et son programme de réformes.

L'explosion lors d'un rassemblent à Addis Abeba a fait plus de 83 blessés. "Vous n'avez pas réussi dans le passé et vous ne réussirez pas dans le futur", a-t-il lancé à la télévision. Aucun responsable gouvernemental n'a confirmé que M. Abiy était la cible de cette attaque.

Samedi soir, il a visité les hôpitaux où avaient été emmenées les victimes, a indiqué sur Twitter son chef de cabinet, Fitsum Arega.

Des échauffourées ont commencé à éclater entre spectateurs et des pierres ont été lancées en direction des journalistes, qui ont dû s'abriter. Des spectateurs brandissaient des drapeaux du Front de libération oromo (OLF), un groupe armé rebelle, et une ancienne version du drapeau éthiopien, symbole des manifestations antigouvernementales.

Depuis son entrée en fonction, après plus de deux années de manifestations antigouvernementales ayant coûté son poste à son prédécesseur Hailemariam Desalegn, M. Abiy a apporté des changements majeurs, libérant nombre d'opposants emprisonnés et instaurant une libéralisation de l'économie.

Le chef du gouvernement a été sain et sauf, mais avait fait part de plusieurs morts dans un communiqué télévisé.

Il a aussi décidé de mettre un point final au différend avec l'Érythrée. Après ces incidents, le calme a semblé revenir un peu, mais des dizaines de milliers de personnes ont continué à chanter et manifester leur mécontentement à l'égard des autorités, alors que les organisateurs de la réunion tentaient péniblement de reprendre le contrôle de la situation. La police s'est d'abord gardée d'intervenir.

Pour les analystes, la mise en œuvre de ces mesures ne se fera cependant pas sans susciter des tensions.

Sa promesse de rétrocéder à l'Érythrée des portions de territoires frontaliers a ainsi déjà suscité en Éthiopie la réprobation des Tigréens, très influents dans les cercles du pouvoir avant sa nomination.

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