Que contient l'accord de l'UE — Migrants

Migrants: une réunion des 28 et autant de positions

L'Europe se divise sur les solutions à apporter à l'accueil des migrants.@ LUDOVIC MARIN AFP

Après des heures de tractations, les dirigeants de l'Union réunis à Bruxelles pour un sommet européen ont trouvé un terrain d'entente sur les questions migratoires et se sont ainsi épargnés une nouvelle crise.

L'accord bouclé dans la nuit de jeudi à vendredi entre les dirigeants de l'Union européenne sur les migrations commence déjà à montrer des signes de fragilité, alors que quelques dirigeants européens témoignent peu d'enthousiasme à s'y plier. Les détails de cet accord n'ont pas été précisés dans l'immédiat.

"C'est d'abord le fruit d'un travail commun et c'est la coopération européenne qui l'a emporté sur le choix d'un non accord ou de décisions nationales qui n'auraient été ni efficaces ni durables" a déclaré le président français.

Au départ le sommet devait permettre de revenir sur ce Règlement mais les divergences sont encore trop fortes entre les États sur les modifications à apporter à cette législation européenne, qui confie la responsabilité du traitement d'une demande d'asile aux pays de première entrée. Deuxièmement, il salue "la possibilité de créer des plateformes de débarquement dans les pays tiers, sous l'autorité du Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR)".

Le Premier ministre italien, Giuseppe Conte, avait d'ailleurs menacé de faire échouer le sommet s'il n'obtenait pas plus de solidarité des pays de l'UE dans le domaine migratoire.

La chancelière allemande Angela Merkel s'est pour sa part félicitée du "signal positif" produit par ce sommet: "Somme toute, après une discussion intense sur le sujet le plus sensible qui soit pour l'Union européenne, c'est-à-dire la migration, le fait que nous soyons parvenus à texte commun est un signal positif en soi". Une fois le tri effectué dans ces centres, les personnes éligibles à l'asile seraient réparties dans d'autres pays européens.

Des tractations s'étaient ensuite engagées, en fonction notamment de propositions préparées par M. Conte avec le président français Emmanuel Macron, selon des sources diplomatiques.

Il fait ici référence à l'accord que les trois pays du Benelux ont donné, avec cinq autres pays (Malte, Italie, France, Espagne, Portugal), à l'accueil de plusieurs migrants secourus sur le navire humanitaire Lifeline, affrété par une ONG allemande. Tout cela pour dire à ceux qui en doutaient que l'arrivée des populistes et de la droite en Italie rebat complètement les cartes de la politique d'immigration européenne, l'Italie étant le premier pays d'accueil, avec la Grèce...

Le Maroc et l'Albanie ont déjà fait savoir qu'ils n'accepteraient pas de tels centres. Des pays comme la Hongrie et la Pologne, soutenus par l'Autriche, s'opposent frontalement à l'idée de répartir les migrants sans tenir compte du pays d'arrivée. Et ces lieux suscitent encore beaucoup de doutes parmi les pays européens, sur les contours concrets des "plateformes" comme sur la compatibilité avec le droit international de ces débarquements hors d'Europe.

La création de ces lieux, avec des moyens européens, repose sur le volontariat des États membres, de la même manière le partage de l'accueil devra se faire "sur une base volontaire".

La Commission propose de déroger à ce principe en période de crise, avec une répartition obligatoire des demandeurs d'asile depuis leur lieu d'arrivée. Du texte qui pose le principe simple du droit d'asile européen: le pays dans lequel a été formulée la demande d'asile est celui qui est chargé de son instruction et de la décision finale.

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