Le ministre de l'Intérieur allemand va démissionner — Migrants

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Selon l'agence de presse DPA, le ministre allemand de l'Intérieur, qui laisse entendre qu'il rendra sa démission effective dans les 72 heures, après sa rencontre avec Angela Merkel, aurait laissé entendre dans la nuit de dimanche à lundi qu'il pourrait finalement rester en poste si la chancelière acceptait sa position sur la politique d'asile.

Horst Seehofer avait indiqué plus tôt lors d'une réunion à huis clos de son parti qu'il comptait démissionner de ses fonctions au sein du gouvernement ainsi que de la présidence de la CSU, qu'il endosse depuis 2008.

Au centre du bras de fer: la politique migratoire de la chancelière, jugée trop laxiste par le parti bavarois très conservateur CSU, membre de la coalition gouvernementale mise en place en mars après des mois de difficiles tractations.

Cette annonce intervient alors qu'un compromis conclu avant le sommet de Bruxelles de cette semaine entre Merkel et le CSU prévoyait que les migrants déjà enregistrés dans un pays de l'UE seraient refoulés aux frontières allemandes à compter de juillet si aucun accord n'était conclu d'ici là au niveau européen. Horst Seehofer souhaite les refouler à la frontière, ce à quoi la chancelière s'oppose pour ne pas créer "d'effet domino" en Europe. Devant les cadres de son mouvement, M. Seehofer a évoqué trois scénarios. Option qu'il privilégie donc à ce stade.

S'il devait confirmer lundi son départ, les conséquences pour l'avenir du gouvernement allemand seraient potentiellement graves. Dans ce cas, la chancelière se verrait privée de majorité à la chambre des députés, avec sans doute à la clé des élections anticipées. Et qualifié de " sans effet " l'entretien de conciliation qu'il a eu samedi soir avec Angela Merkel sur les migrants.

Les tensions en Allemagne sur les migrants sont en train de tourner à la crise gouvernementale, trois ans après la décision d'Angela Merkel d'accueillir des centaines de milliers de demandeurs d'asile.

Un porte-parole du gouvernement a néanmoins assuré que les Tchèques "s'étaient dits prêts à négocier un accord" en vue d'une meileure coopération dans le renvoi des migrants enregistrés chez eux, et dit "prendre connaissance avec regret des déclarations" de Praque. Son offensive paraît surtout viser Angela Merkel elle-même, perçue désormais comme un obstacle par les courants conservateurs les plus durs en raison d'une politique jugée trop centriste.

La rupture semble en phase d'être consommée entre Angela Merkel et son ministre de l'Intérieur, Horst Seehofer.

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