Politique migratoire : le compromis à hauts risques d'Angela Merkel

Angela Merkel à Berlin le 2 juillet 2018

Angela Merkel à Berlin le 2 juillet 2018. Hannibal Hanschke Reuters

Le parti social-démocrate, troisième membre de la coalition, ne s'est pas encore prononcé sur cet accord. En effet, face à la menace de démission de Horst Seehofer, la chancelière allemande a préféré préserver son gouvernement.

En apparence, Angela Merkel a obtenu une victoire en sauvant son gouvernement et se maintenant au pouvoir. "Le climat dans une coalition gouvernementale n'a probablement jamais été aussi empoisonné que dans celle-ci", a commenté mardi le quotidien Bild. La dirigeante conservatrice a fait l'objet d'une remise en cause sans précédent de l'intérieur même son équipe.

L'Allemagne sortait de législatives marquées par la percée de l'extrême-droite AfD et la chancelière éprouvait mille difficultés à constituer une nouvelle coalition avec ses alliés bavarois de la CSU et le SPD. Les premières réactions au SPD, et plus généralement à gauche, ne sont guère favorables.

Angela Merkel et Horst Seehofer ont convenu de mettre en place des centres de transit à la frontière germano-autrichienne, où les migrants seront détenus, tandis que tous ceux qui ont déjà été acceptés par un autre pays de l'Union européenne (UE) seront renvoyés dans ce pays. Horst Seehofer s'est rendu jeudi à Vienne pour rassurer le chancelier, Sebastian Kurz, irrité de ne pas avoir été consulté en amont sur la politique migratoire par les deux partis conservateurs allemands.

Le Parti social-démocrate allemand (SPD), partenaire de coalition des conservateurs d'Angela Merkel, s'est rallié jeudi au durcissement de la politique migratoire en Allemagne voulu par les amis de la chancelière.Les trois partis au pouvoir -Union chrétienne-démocrate (CDU) d'Angela Merkel, son aile bavaroise et plus conservatrice Union chrétienne-sociale (CSU), et le SPD- se sont mis d'accord sur "un réaménagement de la politique d'asile" en Allemagne, a déclaré la cheffe du SPD Andrea Nahles à l'issue d'une réunion au sommet à Berlin, parlant d'une "bonne solution". Ainsi, cette mesure devra freiner l'immigration en Allemagne. Beaucoup craignent un effet domino en Europe. "Si l'Autriche veut faire des contrôles, elle en a tout le droit".

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