Souad Abderrahim du parti islamiste Ennahdha, première femme maire de Tunis

La nouvelle maire de Tunis Souad Abderrahim le 3 juillet 2018

La nouvelle maire de Tunis Souad Abderrahim le 3 juillet 2018. FETHI BELAID AFP

" J'offre cette victoire à toutes les femmes de mon pays, à toute la jeunesse et à la Tunisie ", a lancé mardi Souad Abderrahim, visiblement émue. Mère de deux enfants et gérante d'une entreprise pharmaceutique, Souad Abderrahim apparaît comme le nouveau visage d'une Tunisie qui veut se moderniser. Les nouvelles équipes élues sont tenues, selon l'article 175 de la loi organique sur les élections et référendums, de se réunir en première séance, sur convocation du gouverneur de la région, dans un délai maximum de 21 (vingt et un) jours à compter de la date de proclamation des résultats définitifs des élections, intervenue, dans le cas d'espèce, le mercredi 13 juin dernier.

Tunis (AFP) - Souad Abderrahim, tête de liste du parti islamiste Ennahdha lors des premières municipales démocratiques en Tunisie, a été élue mardi maire de Tunis, une première pour une femme. Adversaires dans l'hémicycle municipal, les deux partis sont alliés au gouvernement national.

Les mains levées formant le V de la victoire acquise de haute lutte, Souad Abderrahim, qui portait la casaque d'Ennahdha, exultait de joie, en ce mardi 3 juillet mémorable, à l'annonce de son élection à la mairie de Tunis.

Des contradictions dans son discours politique?

Elle sanctionne le succès du repositionnement d'un parti qui, très affaibli en 2014 en raison de ses accointances passées avec la mouvance salafiste radicale, a débuté une quête de respectabilité au point de récuser l'étiquette d'" islamiste " pour celle de "démocrate-musulman". "Mes orientations sont d'appuyer tout ce qui est en relation avec la citoyenneté, renforcer l'unité du peuple tunisien", soulignait-elle en mai. "Elle doit être assumée par tous". Pour ce faire, elle devra donc respecter la loi en vigueur et abandonner son poste d'entrepreneuse, pour se consacrer entièrement à son rôle de "cheikh de la médina". L'Instance indépendante électorale (Isie) estime que 47 % des élus sont des femmes, dont 573 sont têtes de listes (soit 29,5 % du total).

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