Congrès. Les grandes lignes du discours d'Emmanuel Macron

Emmanuel Macron aborde son deuxième Congrès dans un contexte difficile

Emmanuel Macron donnera le deuxième discours devant le Congrès lundi 9 juillet.@ Eric FEFERBERG POOL AFP

Un discours attendu, bien que boycotté par une partie des parlementaires de l'opposition.

Un amendement déposé en ce sens par plusieurs parlementaires dans le cadre de la réforme institutionnelle avait pourtant été rejeté le 28 juin par le rapporteur général, Richard Ferrand (LREM): il estimait alors qu'"on remettrait en jeu (la) position (du président de la République) de non-responsabilité devant le Parlement".

Comme prévu, l'allocution du chef de l'État n'a pas donné lieu à de nombreuses annonces, mais à une pédagogie de son action depuis un an.

Car si la révision constitutionnelle de 2008 a offert la possibilité au chef de l'Etat de prendre la parole devant le Congrès, l'article 18 de la Constitution prévoit que "sa déclaration peut donner lieu [.] à un débat", "hors de sa présence". A un président pointé du doigt pour sa pratique solitaire du pouvoir, il lance: "Sachez dialoguer avant de décider, sachez accepter la contradiction".

"Ce que nous avons dit, nous l'avons fait", a-t-il ajouté, tout en reconnaissant que l'intégralité des résultats de sa politique n'était pas encore visible.

Ces réformes, et notamment la suppression de l'impôt sur la fortune (ISF), ont fait l'objet de nombreuses critiques depuis un an, notamment de la part de la gauche, qui les considère trop favorables aux contribuables aisés. Pour le président, "la clé d'une économie forte" tient dans "l'investissement".

Pour Emmanuel Macron, "la priorité de l'année qui vient est simple: nous devons construire l'Etat-providence du XXIe siècle".

Plan pauvreté. Le plan pauvreté, reporté à la rentrée par le gouvernement, sera présenté "en septembre" et mis en oeuvre "en 2019", a confirmé Emmanuel Macron, en promettant "un accompagnement réel vers l'activité" pour les personnes "les plus fragiles". Selon lui, "faire croire que nous voudrions supprimer les pensions de réversion est une rumeur malsaine, visant à faire peur". "Mais ce sont seulement les premiers fruits, je suis parfaitement conscient du décalage entre l'ampleur des réformes engagées et le résultat ressenti", a-t-il expliqué, alors que les sondages montrent une nette érosion de sa popularité.

"La République n'a aucune raison d'être en difficulté avec l'islam, pas davantage qu'avec aucune autre religion". "Nous le ferons avec les Français dont c'est la confession et avec leurs représentants", a précisé le président français.

"Jamais la France n'acceptera les solutions de facilité que d'aucuns aujourd'hui proposent qui consisteraient à organiser des déportations, à travers l'Europe, pour aller mettre dans je ne sais quel camp, à ses frontières ou en son sein ou ailleurs, les étrangers" non admis en France, a annoncé Emmanuel Macron, abordant en fin de discours la question migratoire et l'avenir de l'Europe. "Mais il y a une lecture radicale, agressive de l'islam, qui se fixe pour but de remettre en cause nos règles et nos lois de pays libre dont les principes n'obéissent pas à des mots d'ordre religieux", a-t-il ajouté. "La frontière véritable qui traverse l'Europe est celle aujourd'hui qui sépare les progressistes des nationalistes", a assuré Emmanuel Macron.

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