La purge d'Erdogan continue en Turquie : plus de 18 000 fonctionnaires limogés

Le président turc Recep Tayyip Erdogan se prépare à prononcer un discours le 24 juin 2018 à Istanbul

Le président turc Recep Tayyip Erdogan se prépare à prononcer un discours le 24 juin 2018 à Istanbul

Au total 22 chefs d'Etat et 28 chefs de gouvernement et de parlement ainsi que des secrétaires généraux de 6 organisations internationales assisteront, lundi, à la cérémonie d'investiture du président turc, Recep Tayyip Erdogan, au Complexe présidentiel de la capitale, Ankara.

Erdogan, 64 ans, a prêté serment au Parlement, s'engageant notamment à préserver les principes de la Turquie laïque fondée par Mustafa Kemal Atatürk et à accomplir sa tâche d'une manière "impartiale".

Erdogan, accompagné de son épouse Emine, a été accueilli par une salve d'applaudissements à son arrivée au Parlement, où une alliance dominée par son parti islamo-conservateur, l'AKP, détient la majorité.

Lundi, le système présidentiel entrera en vigueur en Turquie et permettra de renforcer les pouvoirs d'Erdogan.

La Turquie continue son opération grand nettoyage entamée depuis le coup d'Etat manqué de juillet.

Plus de 18 000 personnes ont été limogées en Turquie par un décret-loi publié dans le Journal officiel dimanche, dont de très nombreux membres des forces de l'ordre, mais aussi des enseignants et universitaires.

"Un régime d'un seul homme commence aujourd'hui", a écrit sur sa Une le quotidien d'opposition Cumhuriyet.

Il nommera également six des treize membres du Conseil des juges et procureurs (HSK), chargé de désigner et destituer le personnel du système judiciaire.

Dans le nouveau système, le poste de Premier ministre, occupé par Binali Yildirim, sera supprimé, le chef de l'Etat détiendra désormais l'ensemble du pouvoir exécutif et pourra promulguer des décrets. "En d'autres mots, la Turquie sera une autocratie institutionnalisée", estime Marc Pierini chercheur à l'institut Carnegie Europe.

Dans la soirée, il a dévoilé un nouveau cabinet de seize ministres (contre 26 actuellement), dont le plus en vue est son gendre Berat Albayrak, qui s'est vu confier le portefeuille clé des Finances.

Sa nomination aux Finances survient dans un contexte économique difficile avec une inflation élevée, une forte dévaluation de la monnaie et un important déficit des comptes courants, en dépit d'une croissance solide.

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