" "Londres veut créer une " zone de libre-échange " avec l'UE — Après-Brexit

Brexit patronats et syndicats s'inquiètent du manque de progrès des négociations

Brexit patronats et syndicats s'inquiètent du manque de progrès des négociations

Theresa May, qui publiera la semaine prochaine un livre blanc détaillant plus avant ses objectifs, précise que cette proposition résulte d'une 'position commune' des membres de son gouvernement, dont les divisions sur les orientations à donner au Brexit avaient fait craindre le pire pour la réunion de vendredi à Chequers.

Selon l'exécutif britannique, ces propositions permettront d'éviter le retour d'une frontière physique entre l'Irlande et l'Irlande du Nord, cette question constituant le principal point d'achoppement des négociations en cours et une inquiétude majeure pour les habitants de l'île.

Les rumeurs allaient bon train depuis des mois sur le départ de M. Davis, 69 ans, visiblement mécontent du chemin que prenaient les négociations, même si en public il se montrait loyal envers Mme May.

Pourtant, il importe de trouver une solution rapidement: la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne doit avoir lieu le 29 mars 2019 et si un accord doit être trouvé d'ici là, il doit avoir été discuté et validé avant le mois d'octobre, pour laisser aux 27 le temps de l'approuver. La base est la mise en place d'une zone de libre échange comprenant un "ensemble de règles communes pour les biens industriels et les produits agricoles ".

Le Royaume-Uni accepte également la fin du passeport financier qui permet aux entreprises basées au pays de commercer sans barrières avec l'UE. Londres aspire toutefois à un dispositif permettant aux citoyens britanniques et de l'UE de "continuer à voyager dans les territoires des uns et des autres", d'y faire des études ou de travailler. Londres confirme également son intention de quitter la juridiction de la Cour de justice de l'UE, mais souligne que les tribunaux britanniques pourraient tenir compte de la réglementation européenne pour les affaires tombant sous le coup de "règles communes".

Le gouvernement britannique propose par ailleurs d'appliquer à ses frontières "les droits de douane et règles commerciales du Royaume-Uni aux biens destinés au Royaume-Uni, et les droits de douane et règles commerciales de l'UE pour les biens destinées à l'UE".

Dans ce projet, Londres souligne en outre la nécessité d'"intensifier" le travail de préparation pour faire face à tous les scénarios possibles - en particulier celui d'une éventuelle sortie de l'UE sans accord avec Bruxelles, que redoute les entreprises. Theresa May s'est montrée prudente quant à l'accueil réservé par Bruxelles à sa nouvelle proposition.

A peine publié, le projet de Theresa May suscitait toutefois déjà des réactions critiques du côté des eurosceptiques. "Nous voyons maintenant le vrai visage de Theresa May". Il s'agit d'un mauvais (plan) pour le Royaume-Uni', a déclaré dans un communiqué John Longworth, co-président du mouvement pro-Brexit Leave Means Leave.

Reste désormais à savoir quelle sera la réaction de Bruxelles, qui aimerait voir les discussions enfin progresser.

Cette proposition était attendue de longue date par les Européens, lassés des atermoiements du gouvernement britannique sur le contenu des négociations sur le divorce d'avec l'UE, prévu dans moins de neuf mois.

Vendredi, Michel Barnier, le négociateur en chef de l'UE, a affirmé 'être prêt à adapter son offre' et dit espérer que le livre blanc permettra de résoudre 'le débat politique interne au Royaume-Uni et les négociations avec nous'.

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