L'usine accusée d'émettre un cancérogène en masse — Dépakine

Des rejets toxiques 190.000 fois supérieurs à la norme à l'usine Sanofi de Mourenx

Rejets toxiques de l'usine de Mourenx : les "populations ne sont pas exposées", affirme Sanofi

Concernant l'enquête interne lancée par Sanofi pour "pour mieux comprendre les causes et l'historique de la situation", Gilles Cassou répond: "Malheureusement, l'enquête interne est sans doute, encore, un artifice de communication, parce qu'on imagine bien que ce genre de problème a dû remonter à la direction générale depuis bien longtemps". "Il en émet en réalité 770.000 mg/m3, soit 7.000 fois plus que la norme autorisée", affirme encore FNE, qui fédère 3.500 associations de protection de l'environnement.

Les émissions de bromopropane auraient été jusquà "190'000 fois au-dessus du plafond autorisé", indique Mediapart.

En effet, " Sanofi a l'autorisation de rejeter 5 composés organiques volatils (bromopropane, toluène, isopropanol, valéonitrile et propène) dans l'air dans la limite globale de 110 mg/m3 ", précise l'association. "Les mesures et analyses effectués immédiatement ont établi que ces dépassements ne présentaient pas de dangers pour les riverains à court terme".

Le gouvernement a donné ce mardi trois mois au groupe pharmaceutique Sanofi pour respecter les valeurs limites d'émission de rejets toxiques sur son usine chimique de Mourenx, sous peine de fermeture administrative. "Dans ce cadre, le gouvernement a saisi en juin à la fois l'ANSES, l'ANSM et l'INERIS pour évaluer les données transmises par SANOFI".

"Les rejets toxiques dans l'air dépassent de loin les normes en vigueur".

Tous les médicaments au valproate sont aujourd'hui interdits aux femmes enceintes et en âge de procréer, sauf exception dans des cas d'épilepsie particuliers. Or "ces rejets localisés se sont révélés supérieurs aux concentrations autorisées par l'arrêté préfectoral d'exploitation applicable au site", reconnaissait Sanofi. "Cette unité est en cours de démarrage", ajoute le laboratoire.

Les associations rencontreront les services de l'État mercredi 11 juillet. Il n'y aura pas de chômage technique, et la production devrait reprendre mi-août, indique Sanofi. L'unité de Mourenx, d'une cinquantaine de salariés, est historiquement rattachée à l'établissement de Sisteron situé dans les Alpes-de-Haute-Provence. Cet antiépileptique aurait déjà fait 30 000 victimes selon l'agence du médicament, des enfants dont la mère était sous traitement pendant la grossesse.

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