Poursuite des pillages à Port-au-Prince — Haïti

Des barricades érigées par des manifestants le 6 juillet 2018 à Port-au-Prince en HaïtiPlus

Des barricades érigées par des manifestants le 6 juillet 2018 à Port-au-Prince en HaïtiPlus

Le gouvernement ne s'est pas encore exprimé à ce sujet.

Vendredi, les ministères de l'Économie, des Finances, du Commerce et de l'Industrie avaient annoncé l'augmentation des prix de l'essence de 38%, celui du gazole de 47% et celui du kérosène de 51%, à compter du samedi 7 juillet à minuit.

Le nouveau cadre de référence entre le FMI et Haïti, signé en février, impliquait la cessation de la subvention publique des produits pétroliers, source conséquente du déficit budgétaire de l'État. Plusieurs compagnies aériennes ont annulé leurs vols.

" On ne parle pas d'augmentation mais plutôt de mettre les carburants aux prix auxquels ils doivent être ", a souligné le Premier ministre dans son message télévisé samedi".

Selon l'AFP, divers carrefours et routes de Port-au-Prince seraient désormais sous le contrôle de groupes de jeunes hommes qui rançonnent les personnes qui voudraient circuler. Des personnes ont dressé de multiples barricades dans la capitale haïtienne, perturbant la circulation.

Les manifestants ont même tenté d'incendier une station-service, mais les policiers sont intervenus avant qu'ils n'y parviennent. Des mouvements similaires de colère ont été enregistrés au Cap-Haïtien, la deuxième ville du pays, ainsi que dans les communes des Cayes et de Jacmel et de Petit-Goave. Des réactions qui ne sont pas sans lien avec la situation sociale difficile sur l'île.

L'annonce a déclenché des violences meurtrières et samedi après-midi, le Premier ministre Jack Guy Lafontant a annoncé la suspension de la mesure "jusqu'à nouvel ordre".

Ce revirement a mis le gouvernement dans une position délicate, un député haïtien de Pétion-Ville, Jerry Tardieu, "le chef du gouvernement à démissionner immédiatement". Une mesure impopulaire dans un pays où 78% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Par ailleurs, le pays se situait en 2016 à la 166e place, sur 188 états, du point de vue de l'Indicateur de développement humain établi par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud).

Les contestataires haïtiens ont annoncé une grève générale de deux jours à partir de lundi, en exigeant le départ immédiat du président Jovenel Moïse, et ce, malgré le fait que le gouvernement a reculé, samedi, en annulant la forte hausse du prix du carburant annoncée la veille. Vous qui me regardez ce soir, je vous demande à tous: "rentrez chez vous".

Port-au-Prince, la capitale haïtienne, a été le théâtre de violences importantes ces derniers jours suite à l'annonce d'une hausse des prix des carburants, suspendue depuis.

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