Une jeune iranienne envoyée en prison pour avoir dansé sur Instagram

Iran: la toile se mobilise pour une jeune femme arrêtée pour avoir dansé sans voile sur Instagram

La jeune femme aurait été libérée sous caution. @ Capture d'écran Twitter

En Iran, les libertés individuelles continuent encore d'être malmenées.

La jeune femme avait l'habitude de se filmer en train de danser sur de la pop rythmée, dans des vidéos où elle apparaissait sans voile, rouge aux lèvres, tatouage apparent, pantalon taille basse et haut sexy, avant de les partager sur son compte Instagram où la suivent plusieurs dizaines de milliers d'abonnés. Elle partage aussi des selfies et des extraits vidéo d'elle en famille ou avec ses amis.

"On se moquera de vous si vous dites aux gens du monde entier que des jeunes filles de 17 et 18 ans sont arrêtées pour leur danse, leur bonheur et leur beauté (et qu'elles ont été accusées d'avoir) répandu l'indécence, alors que les violeurs d'enfants et autres sont libres", a écrit le blogueur iranien Hossein Ronaghi-Maleki, selon des propos rapportés par Reuters. Le contenu publié par Maedeh ressemble à tout ce que postent les filles de son âge sur les réseaux sociaux. "Parce que ce n'est pas crédible pour eux!".

Teenage dancer, Maedeh Hojabri, was arrested in Iran.

En République islamique d'Iran, les femmes doivent se couvrir tout le corps, sauf le visage et les mains.

La police iranienne a arrêté une adolescente qui avait publié sur Instagram des vidéos la montrant danser sans son voile. Après quelques jours passés en prison, la police affirme que Maedeh Hojabri a été libérée sous caution et son compte Instagram a été supprimé.

Elle apparaît sur fond noir, le visage flouté et très difficilement reconnaissable.

L'ensemble des détenus arrêtés pour une utilisation " immorale " des réseaux sociaux, ont été sommés de participer à un stage éducatif auprès de la télévision du gouvernement. Comme l'affaire a fait grand bruit, la chaîne de télévision publique iranienne IRIB a diffusé une vidéo dans laquelle elle a avoué qu'elle regrettait d'avoir enregistré et diffusé de tels clips.

Pour de nombreux Iraniens, cette sentence est injuste et cruelle.

Yasamin Alttahir qui travaille avec Amnesty international a posté le 9 juillet une vidéo de femmes en train de danser dans une rue de Londres en solidarité avec Maedeh Hojabri.

Les larmes de Maedeh Hojabri à la télévision ont provoqué un tollé sur les réseaux sociaux. Selon le New York Times, la jeune fille, apparue à la télévision en train de pleurer, a reconnu que danser est un crime.

Le gouvernement iranien a des règles strictes concernant les tenues vestimentaires des femmes.

Maedeh Hojabri tenait depuis mars dernier un compte Instagram sur lequel elle a posté plus de 300 vidéos d'elle en train de danser sur des rythmes occidentaux et iraniens, et des photos de ses performances en gymnastique.

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