Réforme institutionnelle : le Parlement entame des débats qui promettent d'être houleux

Reuters     
             Le tacle appuyé de Macron sur la taxe à 75% de Hollande

Reuters Le tacle appuyé de Macron sur la taxe à 75% de Hollande

Cette rare autocritique intervient dans un contexte délicat pour l'exécutif, confronté à des sondages défavorables, 14 mois après la victoire d'Emmanuel Macron face à Marine Le Pen au second tour de la présidentielle.

Cette baisse des dépenses "s'accompagnera d'une réorganisation de l'Etat à travers plus de présence sur les territoires, plus de souplesse de gestion", a affirmé le président de la République.

Le chef de l'État s'est prononcé en faveur d' "un renforcement de nos frontières communes en Europe " et pour " une politique de responsabilité et de solidarité au sein de l'Europe".

"Je n'ai rien oublié des peurs, des colères accumulées pendant des années qui ont conduit notre pays à ce choix (.) Elles n'ont pas disparu en une année", a reconnu M. Macron. "Je n'aime ni les castes, ni les rentes, ni les privilèges, et je crois qu'il existe des réussites qui ne se traduisent pas par l'enrichissement pécuniaire", a-t-il déclaré. "Nous nous opposerons à l'affaiblissement du Parlement ", annonce le député des Landes Boris Vallaud, pour qui la réforme institutionnelle va "approfondir la dérive césariste " initiée par Emmanuel Macron et faire de l'Assemblée "le plus docile des corps dociles de sa république ". "Et ce sont les entreprises, rassemblant dirigeants, actionnaires et travailleurs, ce sont les producteurs qui font ce gâteau", a décalré le chef de l'Etat français. Le président annonce vouloir "jeter les bases d'un nouveau contrat social". Il a promis des choix forts et courageux par le Premier ministre, Edouard Philippe, permettant des dépenses publiques à la baisse.

Le gouvernement fait planer dans sa réforme la menace d'une modulation des cotisations patronales d'assurance chômage si les branches ne proposent pas de dispositif suffisamment efficace.

Faisant écho à ces inquiétudes, M. Macron a confirmé que le plan pauvreté, reporté à la rentrée par le gouvernement, serait présenté "en septembre" et mis en oeuvre "en 2019", en promettant "un accompagnement réel vers l'activité" pour les personnes "les plus fragiles". Une surprise, alors même que Richard Ferrand, le patron des députés LREM, s'y était opposé fin juin en commission.

"Rien ne changera pour les retraités d'aujourd'hui", a-t-il affirmé, déclenchant des exclamations dans les rangs des parlementaires. "Et demain?", se sont récriés des députés.

Evoquant les populismes en Europe, M. Macron a indiqué que "la frontière véritable qui traverse l'Europe est celle qui aujourd'hui sépare les progressistes des nationalistes".

Macron entend ainsi répondre "aux pires reproches" faits "à cette procédure" alors que certains parlementaires ont choisi de boycotter le rendez-vous, dénonçant une rencontre "surfaite" ou encore un exercice "autocratique, monarchique".

Durant l'allocution, les ténors des Insoumis ont été très actifs sur Twitter, avec le mot-dièse "MacronMonarc", pour dénoncer un discours jugé "saoulant" par Jean-Luc Mélenchon.

Emmanuel Macron a "multiplié les formules incantatoires" pour Nicolas Bay, eurodéputé Rassemblement national (ex-FN), et "enfoncé les portes ouvertes" pour Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France.

Le président français a réuni le Congrès à Versailles pour lui adresser un discours en forme de point d'étape après un an de pouvoir.

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