Un "grand succès", dit Trump | Maxime Bergeron | International — Sommet de l'OTAN

Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg lors d'une conférence de presse le 10 juillet 2018 à Bruxelles

Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg lors d'une conférence de presse le 10 juillet 2018 à Bruxelles

L'engagement souscrit en 2014 de consacrer 2% de leur PIB aux dépenses de défense pour 2024 demeure. Il est inscrit noir sur blanc dans la déclaration commune agréée mercredi par les dirigeants des 29 pays membres de l'Alliance.

Donald Trump a consterné mercredi les alliés des Etats-Unis au sein de l'Otan en leur demandant de faire passer à terme à 4% de leur PIB leurs dépenses de défense.

L'objet de sa violente diatribe est l'accord conclu par l'Allemagne avec la Russie pour des livraisons de gaz à travers le projet de doublement du pipeline sous-marin, Nord Stream 2, qui passera notamment sous la Baltique.

Il estime en effet que l'Allemagne est totalement dépendante de l'énergie russe et critique le soutien du pays d'Angela Merkel au projet de gazoduc russe: "Ils paient des milliards de dollars à la Russie et nous devons les défendre contre elle..." Le président américain n'a eu de cesse de réclamer aux Européens, et à l'Allemagne en particulier, d'accroître leurs dépenses militaires afin de respecter leur engagement de les porter à 2% de leur PIB. Pour autant, "il n'est pas nécessaire" de menacer de quitter l'institution pour les convaincre, a-t-il précisé.

Du commerce international aux dépenses militaires en passant par le climat, aucun forum diplomatique multilatéral n'échappe à la volonté du président Donald Trump de faire entendre son slogan unilatéral de "l'Amérique d'abord ". Mais Berlin prend ses décisions de manière "indépendante", a répondu la chancelière allemande Angela Merkel.

"Je crois en l'OTAN".

Le président américain a fait annuler pour cette raison des manœuvres militaires avec la Corée du sud après sa rencontre avec le président nord-coréen Kim Jong Un. Le président américain aurait cependant soutenu à son homologue français Emmanuel Macron qu'il n'y avait "pas de rupture" entre les Etats-Unis et l'Europe, selon l'Elysée. Ceux-ci figureront dans la loi de programmation militaire, qu'il promulguera vendredi et qui prévoit que les dépenses militaires atteindront en 2025 les 2% du PIB, le seuil promu par l'Otan. Depuis Barack Obama, les États-Unis ont désormais une autre priorité stratégique que la protection de l'Europe: l'hyperpuissance de la Chine.

Le président américain a plutôt préféré saluer les "immenses progrès" obtenus, selon lui, dans leurs engagements financiers."Hier, je leur ai fait savoir que j'étais extrêmement insatisfait de ce qui se passait et ils ont considérablement renforcé leurs engagements", a-t-il développé. Il cherche enfin à se disculper d'une trop grande complicité avec Vladimir Poutine, à cinq jours d'un tête-à-tête à Helsinki.

Il a assuré qu'il évoquerait avec M. Poutine l'interférence russe dans l'élection présidentielle américaine de 2016. Tout s'est réglé en fin de compte.

Malgré l'ambiance glaciale régnant depuis l'entame du sommet, Donald Trump s'est montré heureux de la rencontre. Il enfonce aussi un coin entre les Européens, divisés sur une ligne Est-Ouest sur la question du gaz russe.

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