Allemagne Meurtres néonazis : perpétuité pour Beate Zschäpe

Beate Zschäpe au tribunal de Munich en Allemagne le 3 juillet 2018

Beate Zschäpe au tribunal de Munich en Allemagne le 3 juillet 20181/2

Beate Zschäpe, l'unique survivante d'un groupuscule néonazi, a été condamnée mercredi par un tribunal allemand à la réclusion à perpétuité pour sa participation à une dizaine de meurtres racistes.

Le tribunal de Munich a également privé l'unique survivante du trio Clandestinité nationale-socialiste ("Nationalsozialistischer Untergrund", NSU), de la possibilité de demander une libération conditionnelle au bout de quinze ans.

Carsten S., un autre inculpé qui avait reconnu son implication pendant le procès, a été condamné à 3 ans de prison en bénéficiant de la législation pour mineurs.

Beate Zschäpe était jugée depuis mai 2013 pour les meurtres de huit Turcs ou personnes d'origine turque, d'un Grec et d'une policière allemande, tués entre 2000 et 2007.

Le ministère public assure que l'accusée a apporté un soutien logistique important à ses deux compagnons et géré les finances du trio tout en leur trouvant des logements durant les nombreuses années de leur vie dans la clandestinité. Ils encourent des peines pouvant allant jusqu'à 12 ans d'emprisonnement. En novembre 2011, les deux hommes ont été retrouvés morts par balles dans une caravane par la police au moment où celle-ci venait les arrêter. Les enquêteurs pensent qu'ils se sont soit tous deux suicidés, soit que l'un deux a tué son complice avant de retourner l'arme contre lui. Une affaire qui avait, à l'époque, profondément choqué le pays et pour laquelle Angela Merkel avait exprimé " la honte " de son pays, face à ces crimes. Les meurtres racistes visaient des petits commerçants dans toute l'Allemagne.

En effet, les familles ont été accusées à tort, et jamais la piste xénophobe n'a été explorée sérieusement par les enquêteurs.

Des documents importants ont été détruits avant que l'enquête ne soit achevée. Présentée par certains médias comme "l'incarnation du mal", cette Allemande de 43 ans à l'allure juvénile a mis deux ans et demi à s'adresser pour la toute première fois au juge.

Longtemps terrée dans son mutisme, Beate Zschäpe avait fini par s'exprimer, d'abord par une lettre lue par l'un de ses avocats puis directement à deux reprises, dont une à la toute fin des débats début juillet.

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