Face à Trump, l'UE et le Japon signent un accord commercial "historique"

Deux accords ont été conclus ce mardi entre le Japon et l'Union européenne

Accord UE-Japon. « Un message clair contre le protectionnisme »

Les dirigeants de l'Union européenne (UE) ont signé ce mardi 17 juillet avec le Japon un accord de libre-échange présenté comme "historique", qui se veut aussi un signal face au protectionnisme de Donald Trump.

Junichi Sugawara, chercheur au Mizuho Research Institute, souligne que l'attitude de Donald Trump a "poussé le Japon et l'Union européenne à accélérer les négociations".

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, et le chef de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, sont en visite au Japon après un passage par la Chine pour le 20e sommet UE-Chine.

Le ministre japonais de la Revitalisation économique, Toshimitsu Motegi, s'est félicité dans une déclaration diffusée le 17 juillet: "A un moment où les mesures protectionnistes gagnent du terrain à travers le monde, la signature aujourd'hui de l'accord UE-Japon montrera au monde une fois de plus notre volonté politique inébranlable de promouvoir le libre-échange". "Nous envoyons un message clair disant que nous faisons front commun contre le protectionnisme ", a déclaré Donald Tusk.

Baptisé Jefta (Japan-UE free trade agreement), ce pacte, le plus important jamais négocié par l'UE, porte sur une zone de libre-échange couvrant près d'un tiers du produit intérieur brut (PIB) mondial et plus de 600 millions d'habitants. Côté européen, le secteur agroalimentaire sort grand vainqueur des discussions, l'accord supprimant les droits de douane pour presque tous les produits alimentaires, mais parfois après une période transitoire. D'autres, comme le boeuf, verront les taxes imposées progressivement réduites. Le riz, un produit hautement symbolique pour les Japonais, est exclu de l'accord.

Tokyo s'engage à reconnaître plus de 200 indications géographiques comme le Roquefort, le Tiroler Speck autrichien, le Jambon d'Ardenne belge ou la Polska Wódka (vodka polonaise), qui bénéficieront "du même niveau de protection qu'en Europe". L'accord éliminera les droits de douanes très élevés sur plusieurs fromages, mais la période de transition pourra atteindre 15 ans. Les Japonais obtiennent de leur côté un libre accès au marché européen pour leur industrie automobile, mais seulement à l'issue d'une période de transition de plusieurs années. Dans un communiqué, les deux organisations se désolent de l'absence de chapitres contraignants sur la question du changement climatique. L'inscription de l'Accord de Paris dans les clauses essentielles aurait permis de suspendre le JEFTA en cas de non respect des règles climatiques. Cet accord comprend aussi un chapitre sur le développement durable.

Son entrée en vigueur, suite au vote du Parlement européen attendu en fin d'année 2018, mettra à bas 99% des barrières tarifaires japonaises rendant ainsi possible l'augmentation des exportations européennes qui devraient passer de 86 milliards d'euros à 106 milliards d'euros. Néanmoins, contrairement au CETA conclu avec le Canada, la ratification par les parlements nationaux des pays de l'UE n'est pas prévue. Il ne passera pas en revanche par chacun des Parlements nationaux, une méthode vivement critiquée par les ONG, qui dénoncent un manque de transparence.

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