L'UE inflige une amende record de 4,34 milliards d'euros à Google

Le président américain Donald Trump. Drew Angerer  Getty Images

Le président américain Donald Trump. Drew Angerer Getty Images

La Commission européenne a encore une enquête en cours sur AdSense, qui aurait tendance à "protéger sa position dominante dans le domaine de la publicité contextuelle en ligne et d'empêcher ses concurrents existants et potentiels, y compris les autres fournisseurs de services de recherche et plateformes de publicité en ligne, d'accéder à ce secteur commercialement important et de s'y développer", peut-on lire dans une communication des griefs adressée à Google à l'été 2016.

En parallèle, la Commission a mené des investigations poussées sur le système d'exploitation Android et la politique du Californien visant à restreindre la concurrence par une stratégie de protection et d'extension de sa position dominante dans la recherche générale sur internet.

Google a immédiatement annoncé par voie de communiqué son intention de porter la décision en appel, en assurant qu'"Android a créé davantage de choix pour tout le monde, pas moins".

Pour mémoire, est reproché à Google de favoriser son système d'exploitation mobile Android par rapport aux autres depuis 2011.

L'exécutif européen a ordonné Google de mettre un terme à ces pratiques dans les 90 jours faute de quoi elle s'expose à "des astreintes allant jusqu'à 5% du chiffre d'affaires journalier moyen mondial d'Alphabet, sa société mère". Cette nouvelle sanction contre le géant américain arrive dans un contexte particulièrement tendu entre l'UE et les Etats-Unis, avec qui les sujets de friction ne manquent pas, comme sur l'Otan ou le commerce.

Dans une semaine, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, est d'ailleurs attendu à Washington pour en discuter avec le président américain Donald Trump.

D'après Bruxelles, Google impose des restrictions illégales aux fabricants d'appareils Android et aux opérateurs de réseaux mobiles, afin de consolider sa position dominante sur le marché de la recherche sur internet. Deuxièmement, d'avoir empêché les fabricants de vendre des smartphones fonctionnant sous des systèmes d'exploitation concurrents, et troisièmement d'avoir accordé des incitations financières aux fabricants et aux opérateurs de réseaux mobiles à la condition qu'ils préinstallent en exclusivité Google Search sur leurs appareils.

Une conférence de presse de la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, est prévue à Bruxelles sur un cas antitrust pour 11H00 GMT, a annoncé la Commission européenne.

Le dossier antitrust Androïd, qui est le système d'exploitation utilisé pour 80% des appareils en Europe et dans le monde, et l'équivalent de l'IOS pour l'iPhone d'Apple, est dans le collimateur de la Commission européenne depuis plusieurs années.

Etant donné la complexité des affaires, il faudrait compter environ deux ans avant une décision de la justice.

Outre Shopping et Android, la Commission européenne a un troisième fer au feu contre Google: ses pratiques publicitaires. Ce n'est pas la première fois que l'entreprise américaine écope d'une douloureuse: en juin 2017, la Commission infligeait une amende de 2,42 milliards d'euros pour abus de position dominante, cette fois dans le secteur des comparateurs de prix.

En 2004, le groupe informatique américain avait fait l'objet d'une sanction financière de 497 millions d'euros pour avoir refusé de fournir une documentation technique complète à ses concurrents afin qu'ils puissent concevoir des logiciels pleinement compatibles avec le système d'exploitation Windows.

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