Israël devient "l'État-nation du peuple juif"

Adoption d'une loi controversée définissant Israël comme

Vue générale du Parlement israélien le 3 décembre 2014 à Jérusalem

La loi, adoptée par 62 voix contre 55, fait de l'hébreu la seule langue officielle d'Israël, alors que l'arabe avait auparavant un statut identique. Autre mesure contenue dans la loi: les " implantations juives [en Israël] relèvent de l'intérêt national " et Jérusalem est la capitale d'Israël, y compris la partie orientale de la ville annexée.

Le Parlement a adopté jeudi un projet de loi controversé définissant Israël comme "l'Etat-nation du peuple juif", un texte accusé d'officialiser des discriminations envers les Arabes israéliens. Le texte affirme que "l'État considère que le développement des implantations juives relève de l'intérêt national et que l'État prendra les mesures pour encourager, faire avancer et servir cet intérêt". Une formulation qui avait suscité de nombreuses critiques, de la part du président Reuven Rivlin lui même, ainsi que du procureur général Avishai Mandelblit.

" C'est un moment décisif dans les annales du sionisme et de l'histoire de l'Etat d'Israël ", s'est félicité le Premier ministre, qui avait fait de ce texte son cheval de bataille. " Nous continuerons à garantir le respect des droits civiques dans la démocratie israélienne, mais la majorité a aussi des droits et la majorité décide.

Dans la précédente version, le projet de loi évoquait la possibilité de créer des localités exclusivement réservées aux juifs, ce qui en excluait les citoyens arabes israéliens qui constituent 17,5% de la population totale israélienne, très majoritairement juive. La nouvelle formule, plus vague, a toutefois été également dénoncée avec force par l'opposition, notamment le député arabe Ayman Odeh, qui a brandi durant le débat un drapeau noir à la tribune pour marquer " la mort de notre démocratie ".

Du côté arabe, on craint que la minorité soit relayée au second plan: "Ce projet de loi est un crime de haine, qui discrimine les citoyens arabes", réagit Ahmed Tibi, député arabe israélien.

Un autre député arabe, Youssef Jabareen, a affirmé que cette loi encourageait "non seulement la discrimination, mais aussi le racisme, elle va perpétuer le statut d'infériorité des Arabes en Israël", l'État hébreu agissant comme "un mouvement juif et colonial, qui poursuit la judéisation de la terre". Cette loi est " dangereuse et raciste par excellence ", elle " légalise officiellement l'apartheid ", a dénoncé le secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saëb Erakat.

"Une majorité absolue veut garantir le caractère juif de notre Etat pour les générations à venir", a ajouté Benjamin Netanyahu. Elle prévoit aussi que le calendrier lunaire juif soit le calendrier officiel du pays et érige l'hébreu en unique langue officielle de l'Etat.

Après le vote de la loi, l'arabe n'aura qu'un "statut spécial", qui n'est pas précisément défini.

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