" "Israël devient " l'Etat-nation " du seul peuple juif

Le Premier ministre israélien dans son bureau à Jérusalem le 15 juillet 2018

Le Premier ministre israélien dans son bureau à Jérusalem le 15 juillet 2018. Ronen Zvulun REUTERS

Il déclare que les "implantations juives (sur le territoire israélien) relèvent de l'intérêt national" et proclame que Jérusalem est la capitale d'Israël, y compris la partie orientale de la ville annexée.

La loi labelle "l'Etat d'Israël comme l'Etat national du peuple juif où celui-ci applique son droit naturel, culturel, religieux, historique" précisant que "le droit d'exercer l'auto-détermination au sein de l'Etat d'Israël est réservé uniquement au peuple juif". En l'absence de Constitution israélienne, les gouvernements et les Parlements successifs ont effectivement été amenés à édicter toute une série de "lois fondamentales" que les tribunaux de toutes instances sont censés interpréter comme l'expression des principes fondamentaux liés à la création et à la pérennité de l'État d'Israël. Cette formulation avait suscité une vague de critiques, notamment du président Reuven Rivlin, du procureur général Avishai Mandelblit et de la délégation de l'UE en Israël en raison de son caractère jugé discriminatoire.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'est lui félicité de ce vote. Le texte amendé affirme que " l'Etat considère que le développement des implantations juives relève de l'intérêt national et que l'Etat prendra les mesures pour encourager, faire avancer et servir cet intérêt ".

Pour un député d'opposition israélien, ce texte marque "la mort de notre démocratie". Un droit dont les Arabes qui composent 20% de la population israélienne, restent privés. Malgré la controverse, les députés israéliens ont approuvé à 62 voix contre 55 ce projet de loi contesté et qui a provoqué la colère des parlementaires des partis arabes. "Elle va perpétuer le statut d'infériorité des Arabes en Israël", l'Etat hébreu agissant comme "un mouvement juif et colonial, qui poursuit la judéisation de la terre", a-t-il fustigé.

Cette loi est "dangereuse et raciste par excellence", a dénoncé le secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saëb Erakat, sur son compte Twitter.

Du côté arabe, on craint que la minorité soit relayée au second plan: "Ce projet de loi est un crime de haine, qui discrimine les citoyens arabes", réagit Ahmed Tibi, député arabe israélien. Aucune loi n'ayant été votée à ce sujet depuis la création de l'Etat d'Israël en 1948, l'hébreu et l'arabe étaient en effet jusqu'à présent toutes les deux considérées comme des langues quasi-officielles, utilisées dans tous les documents étatiques.

Après le vote de la loi, l'arabe n'aura qu'un "statut spécial", qui n'est pas précisément défini mais qui devrait autoriser la poursuite de son utilisation dans l'administration, selon France 24.

Si la loi sur les libertés du 17 mars 1992 définissait Israël d'un bel oxymore - un " État juif et démocratique " - laissant quelque place à l'interprétation, depuis jeudi, le caractère inégalitaire de l'État israélien est désormais assumé et gravé dans le marbre de la Loi.

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