La Knesset adopte la loi controversée sur l'État-nation

Ils représentent 17,5 % de la population israélienne très majoritairement juive et se disent victimes de discrimination. Ce nouveau texte porte également sur les implantations juives et le statut de Jérusalem.

Levée de boucliers en Israël: la Knesset, le Parlement israélien, a adopté jeudi un projet de loi controversé définissant Israël comme " l'Etat-nation du peuple juif ". L'article le plus controversé, qui évoquait la possibilité de créer des localités exclusivement réservées aux juifs, excluant les citoyens arabes israéliens, a en revanche été amendé.

Voulue comme un symbole historique fort, pour les 70 ans de la naissance de l'Etat d'Israël, la loi stipule notamment que l'hébreu devient la seule langue officielle d'Israël, alors que l'arabe avait auparavant, et depuis 1948, un statut identique à celui de l'hébreu, et déclare que les "implantations juives (en Israël) relèvent de l'intérêt national " et que "l'Etat prendra les mesures pour encourager, faire avancer et servir cet intérêt ".

La nouvelle formule plus vague a toutefois été dénoncée par l'opposition notamment par le député arabe Ayman Odeh qui a brandi durant le débat un drapeau noir à la tribune pour marquer "la mort de notre démocratie". La délégation de l'Union européenne en Israël avait aussi jugé discriminatoire cette formulation.

Le secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) Saëb Erakat a lui estimé sur Twitter que le texte légalisait "officiellement l'apartheid".

Selon lui, le texte " dénie aux citoyens arabes leur droit à l'autodétermination qui n'est plus déterminé que par la population juive ". "C'est un moment décisif dans l'histoire de l'État d'Israël qui inscrit dans le marbre notre langue, notre hymne et notre drapeau", a-t-il proclamé à l'issue du vote. Mais du côté de la majorité, on se félicite d'avoir réussi à sanctifier le caractère juif du pays. Aucune loi n'ayant été votée à ce sujet depuis la création de l'Etat d'Israël en 1948, l'hébreu et l'arabe étaient en effet jusqu'à présent toutes les deux considérées comme des langues quasi-officielles, utilisées dans tous les documents étatiques. En l'absence de Constitution israélienne, les gouvernements et les Parlements successifs ont effectivement été amenés à édicter toute une série de "lois fondamentales" que les tribunaux de toutes instances sont censés interpréter comme l'expression des principes fondamentaux liés à la création et à la pérennité de l'État d'Israël. Avec la nouvelle loi, l'arabe n'aura qu'un "statut spécial", qui n'est pour l'instant pas précisément défini.

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