Le gouvernement accuse l'opposition après l'assassinat de quatre touristes étrangers — Tadjikistan

Voiture policière tadjike

Une voiture a foncé sur des touristes au Tadjikistan quatre morts

Après avoir dans un premier temps évoqué la piste de l'accident, les autorités tadjikes ont annoncé lundi que les suspects "avaient des couteaux et des armes à feu" et qu'un des touristes avait été blessé à l'arme blanche.

Deux Américains, un Suisse et un Néerlandais ont été tués dans l'attaque, tandis qu'un autre Suisse et un autre Néerlandais ont été blessés. L'assassinat de quatre touristes occidentaux, revendiqué par Daesh au Tadjikistan, a été commandité par un membre d'un parti d'opposition interdit dans ce pays d'Asie centrale. Le septième touriste, un Français qui se trouvait en queue de peloton, en est sorti indemne.

Quatre touristes étrangers qui se déplaçaient en groupe à vélo dans le sud du Tadjikistan ont été tués et trois autres blessés dimanche, fauchés par une voiture, ont annoncé les autorités de ce pays d'Asie centrale.

Le ministère de l'Intérieur rejette cependant la revendication de l'EI et a désigné comme responsable le Parti de la renaissance islamique du Tadjikistan interdite en 2015, une décision critiquée par les Occidentaux qui considéraient la formation comme modérée.

Les coupables sont passés aux aveux, assure le gouvernement tadjik.

A ces fins, "il s'est rendu à quatre reprises dans les villes (iraniennes) de Qom et Mazandar entre 2014 et 2015", a affirmé la police tadjike dans un communiqué.

Les policiers ont ensuite retrouvé la voiture impliquée dans le drame avant d'interpeller l'un des suspects et d'en abattre deux autres, qui avaient tenté de résister à l'arrestation. C'est en Iran "qu'il a prêté serment d'allégeance à Nossirkhoudjy Oubaïdov", membre actif du Parti de la renaissance islamique depuis 1992.

Les autorités ont aussi interdit le parti d'opposition de la Renaissance islamique, alors seul parti islamique légal dans le pays, considéré comme modéré, l'accusant d'avoir cherché à instaurer un "Etat islamique" au Tadjikistan.

Les États-Unis, l'Union européenne et les Nations unies s'étaient déclarés inquiets de cette interdiction. Les autorités ont pris en 2015 des mesures radicales, parmi lesquelles le rasage forcé des barbes et une campagne contre le port du hijab. À la suite de cette rare attaque jihadiste au Tadjikistan, pays voisin de l'Afghanistan où les forces locales appuyées par celles de l'OTAN combattent à la fois l'EI et les talibans, le président Emomali Rakhmon a appelé à renforcer la sécurité nationale.

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