Présidentielle : les Maliens dans l'attente des résultats du scrutin

L'OPPOSITION ANNONCE UN 2E TOUR POUR LA PRÉSIDENTIELLE AU MALI

Présidentielle malienne : IBK « serein », après avoir voté

Le président sortant, Ibrahim Boubacar Kéita (IBK), s'est également distingué par de bons scores dans de nombreuses circonscriptions.

Si les élections de 2013 ont permis de rétablir l'ordre constitutionnel, celles de 2018 représentent pour les Maliens un défi destiné à prouver que " le processus démocratique est irréversible", avait observé le chef de la mission de l'ONU au Mali (Minusma), Mahamat Saleh Annadif, relevant que la situation dans le pays restait fragile.

Quelque huit millions d'habitants de ce vaste pays enclavé d'Afrique de l'Ouest, comptant une vingtaine d'ethnies, devaient décider de reconduire le président Ibrahim Boubacar Keïta, 73 ans, ou élire un de ses 23 concurrents, dont le chef de l'opposition, Soumaïla Cissé, 68 ans, et une seule femme, Djeneba N'Diaye.

Présente militairement avec la force française Barkhane, qui a pris le relais de l'opération Serval déclenchée en 2013 contre les terroristes, et avec les Casques bleus onusiens, la communauté internationale attend du vainqueur une relance de l'accord de paix signé en 2015 par le gouvernement et l'ex-rébellion à dominante touareg, dont l'application accuse des retards sur le terrain. Au total, ce sont donc 105 bureaux de vote sur 21 863 qui n'ont pas pu ouvrir.

En dépit de la mobilisation de plus de 30.000 membres des forces de sécurité, nationales et étrangères, selon le ministère de la Sécurité intérieure, des incidents ont été signalés dans le nord et le centre du pays, tandis que l'affluence semblait encore timide dans la matinée à Bamako.

Des tirs de roquettes ont visé le camp de la mission de l'ONU (Minusma) à Aguelhok (nord-est), a indiqué une source sécuritaire de la Minusma mais " il n'y a pas de victime et les roquettes ne sont pas tombées dans le camp ".

"Dans les quatre villages, il n'y a pas eu de vote, des groupes armés ont interdit la présence des administrateurs de l'Etat et les autorités locales ont préféré obtempérer", a déclaré à la presse le maire de la commune, Bourema Napo. Sur les 23 041 bureaux de vote ouverts sur toute l'étendue du territoire, 716 lieux de vote ont été saccagés par des hommes armés non identifiés, probablement des groupes armés rebelles basés dans le grand Nord du pays.

Au Mali, quarante-huit heures après l'élection présidentielle, l'opposition affirme qu'un second tour sera nécessaire pour départager les deux candidats arrivés en tête du scrutin.

Des électeurs attendaient l'ouverture des bureaux de vote dimanche matin à Bamako.

Ce dimanche est un jour de vote au Mali avec le premier tour de l'élection présidentielle. Ce dernier a déclaré vendredi que "ces élections ne sont rien d'autre que la poursuite d'un mirage et nos peuples n'en récolteront que des illusions, comme ils en ont pris l'habitude".

Dans son message, Iyad Ag Ghaly a cité les exactions présumées de l'armée malienne à l'encontre de civils dans le centre du pays, assurant que "ces crimes ne resteront pas impunis".

L'opposition malienne, qui dénonçait un risque de fraude, a fini par s'entendre samedi avec le gouvernement au sujet du fichier électoral, levant l'une des hypothèques pesant sur le scrutin.

Le gouverneur de Mopti (centre), le général Sidi Alassane Touré, s'est dit " très optimiste " sur la participation dans cette région, au regard du taux de retrait des cartes d'électeurs qu'elle affiche, légèrement supérieur à la moyenne nationale de 74,5%.

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