Marie Humbert, maman de Vincent Humbert, est décédée

Marie Humbert, la femme qui avait aidé son fils tétraplégique à mourir, est décédée

Marie Humbert, la mère de Vincent Humbert, est décédée à Evreux

La mort de Vincent Humbert, devenu tétraplégique à 20 ans, après un accident de voiture, avait relancé le débat sur la fin de vie en France.

Trois ans après l'accident, Marie Humbert passe à l'acte et administre une importante dose de barbituriques. La mère de Vincent Humbert est décédée dans la nuit de samedi à dimanche des suites du maladie pulmonaire.

Vincent Humbert avait été hospitalisé en septembre 2000 au CHU de Rouen avant d'intégrer le centre Hélio-Marin de Berck-sur-Mer. "Marie a été meurtrie, notamment par les promesses non tenues par les politiques de l'époque", confie ce proche de la famille Humbert à Normandie-actu. "Elle était hospitalisée depuis un an", a déclaré à l'Agence France-Presse Frédéric Veille auteur de l'ouvrage Je vous demande le droit de mourir.

C'était une femme engagée qui a su prendre les décisions et faire face au souhait qu'avait son fils. Il avait fait la demande auprès du Président Jacques Chirac de pouvoir bénéficier du "droit à mourir". "Je n'oublie pas nos fous rires avec cette amoureuse de la vie", a aussi twitté Jean-Luc Romero. Son geste avait suffi à relancer le débat sur la fin de vie, débouchant en 2005 sur la loi Leonetti, qui garantit la lutte contre l'acharnement thérapeutique et autorise l'arrêt des soins lorsqu'ils apparaissent inutiles. "Je garderai d'elle le souvenir d'une femme courageuse qui aura porté sans relâche les combats pour une fin de vie digne", écrit-il. Une requête à laquelle le chef de l'État n'avait pu accéder.

Inspirée par cette affaire, la loi Leonetti votée en avril 2005 a instauré un droit au "laisser mourir" mais sans permettre l'euthanasie active. Plongé dans le coma, Vincent est maintenu en vie pendant deux jours, avant que le médecin réanimateur, le docteur Frédéric Chaussoy, ne débranche son respirateur artificiel. Mis en examen pour "empoisonnement avec préméditation", la mère de Vincent et le médecin bénéficient finalement d'un non-lieu, le 27 février 2006. Elle a eu une décision extrêmement courageuse: "il n'y a rien de plus dur pour une mère que de donner la mort à son fils", a déclaré dimanche à l'AFP le DChaussoy. (.) Tous les intervenants de cette affaire, Vincent le premier, Marie et moi, on a oeuvré pour qu'on ait quelque chose: maintenant c'est la loi Leonetti, ça n'a rien de parfait, il faudra sans doute la faire évoluer.

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