L'avortement reste illégal en Argentine

Argentine : la légalisation de l'avortement rejetée par les sénateurs

Argentine : le Sénat rejette la légalisation de l’avortement

Des incidents isolés ont éclaté après l'annonce des résultats du vote. Devant le Congrès à Buenos Aires, la place était divisée en deux, à l'image de la société argentine sur l'avortement.

Le texte légalisant l'IVG au cours des 14 premières semaines de grossesse avait été adopté de justesse par les députés le 14 juin (129 voix pour, 125 contre). En revanche, à la place du Congrès, les partisans de la légalisation de l'avortement ne cachaient pas leur tristesse et leur déception.

Ce sont les mouvements féministes qui avaient donné ces deux dernières années un élan déterminant à la revendication du droit à l'avortement en Argentine, ce qui a conduit le président argentin de centre-droit Mauricio Macri à ouvrir le débat au parlement, pour la première fois de l'histoire du pays sud-américain.

" Avortement légal à l'hôpital ", scandaient un groupe de jeunes femmes, portant des perruques vertes, la couleur du foulard triangulaire symbole de leur lutte. L'Argentine conserve donc sa loi de 1921, qui n'autorise l'avortement qu'en cas de viol ou de danger pour la santé de la mère.

Après plus de seize heures de débats dans l'enceinte de l'institution, 38 sénateurs se sont prononcés contre l'avortement, alors que 31 s'étaient déclarés favorables, et deux se sont abstenus.

Le prélat qualifie de "moderne" la position du mouvement anti-avortement et lui oppose les pratiques abortives, selon lui "de vieilles lois du siècle passé" qui doivent être remplacées par des "propositions du 21e siècle et pas des vieilles propositions de mort du 20e siècle".

Le vote a été accueilli par des feux d'artifice et des cris de joie parmi les militants anti-IVG rassemblés à Buenos Aires devant le Parlement, où se déroulaient les débats. Au Sénat, chacune des 24 provinces dispose de trois représentants, quel que soit son poids démographique.

Le "non" l'ayant emporté, il faudra probablement attendre 2020 avant que la question de l'avortement puisse de nouveau être examinée par le Parlement. Comme pour l'Irlande, la population argentine est catholique et très conservatrice.

Le député de la coalition gouvernementale Cambiemos (Changeons) Daniel Lipovetzky, évoque la possibilité de convoquer un référendum.

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