"Procès Monsanto : "un " jugement historique " pour le gouvernement français

Reconnu coupable dans le procès Roundup Monsanto conteste

Monde Reconnu coupable dans le procès Roundup Monsanto conteste France En phase terminale Dewayne Johnson intente un procès contre Monsanto

"Le jury a eu tort", a répliqué le vice-président de Monsanto Scott Partridge devant le tribunal.

Dewayne Johnson étreint ses avocats après la condamnation de Monsanto à payer une amende de 250 millions d'euros de dommages.

Je suis content de pouvoir aider une cause qui me dépasse largement.

M. Johnson, qui n'avait pas de problèmes de santé auparavant, a expliqué au cours de son témoignage qu'il n'avait aucune idée des controverses sur le glyphosate avant d'avoir vu des marques sur sa peau et de s'être renseigné sur internet. Elle continue ainsi de défendre le glyphosate qui " bénéficie de 40 ans d'histoire d'une utilisation sans danger et qui continue à être un outil essentiel, efficace et sans danger pour les agriculteurs et autres usagers ".

Plébiscité par les cultivateurs pour son efficacité et son faible coût, il fait particulièrement polémique en Europe et notamment en France.

Pour ses avocats, Monsanto a fait passer ses bénéfices avant la santé publique en bataillant contre des études évoquant des risques de cancer autour du Roundup.

Robert F. Kennedy Jr, le célèbre avocat spécialiste de l'environnement et membre de la défense de M. Johnson, a affirmé que les jurés avaient "envoyé un message à Monsanto pour que l'entreprise change sa manière de faire du business".

Car à l'instar de Bayer, Monsanto estime qu'il n'y a aucun lien entre cancer et glyphosate et donc aucune raison d'avertir d'un danger quelconque à propos de cette substance très controversée.

Classé "cancérigène probable" depuis 2015 par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le glyphosate est utilisé sous diverses marques, la plus célèbre étant le Roundup fabriqué par le groupe américain Monsanto, qui appartient désormais au géant allemand de la chimie Bayer.

Ce dossier est le premier autour du glyphosate à arriver devant un tribunal américain car la loi californienne oblige la justice à organiser un procès avant le décès du plaignant.

Pour François Veillerette, directeur de l'ONG Générations Futures, " nous espérons que cette condamnation est la première d'une longue série, aux Etats Unis ou des milliers de procédures similaires ont été lancées, mais aussi en France- avec la famille Grataloup par exemple- et ailleurs dans le monde. C'est en 1974 que le glyphosate a été mis sur le marché et depuis les années 2000, il est commercialisé par une dizaine de sociétés. Après des mois de lutte acharnée, ce jardinier de 46 ans atteint d'un cancer en phase terminal a fini par faire condamner Monsanto, pointé du doigt pour la nocivité de ses produits au glyphosate.

Le gouvernement a décidé d'interdire le glyphosate d'ici 2021, c'est une bonne chose selon vous?

"Cette condamnation reconnaît non seulement que le Roundup est cancérigène, mais surtout que Monsanto avait les informations sur la dangerosité du produit et qu'ils ont tout fait pour masquer cette dangerosité".

"L'ensemble des lobbies des pesticides trompent les autorités publiques, qui se laissent d'une certaine façon volontairement avoir", a-t-il ajouté.

"Notre première réaction, c'est de dire 'enfin et heureusement+', parce qu'avec tous les éléments à charge contre Monsanto cela aurait été absolument incompréhensible qu'il ne soit pas condamné", a indiqué Suzanne Dalle, de Greenpeace France.

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