Mesures de la Banque centrale pour la stabilité financière — Turquie

Les regards se portent surtout sur la chute de la livre turque

Crise turque: les banques canadiennes sont peu à risque

Elle avait déjà cédé plus de 5 % face au billet vert, jeudi dernier.

Début août, les Etats-Unis ont imposé des sanctions contre deux ministres de M. Erdogan pour protester contre l'emprisonnement d'un pasteur américain, Andrew Brunson.

L'euro touchait mercredi un nouveau plus bas depuis 13 mois face au dollar, tandis que la livre turque reprenait quelques couleurs, malgré l'aggravation des tensions avec les Etats-Unis.

L'indice MSCI qui regroupe un panier d'une vingtaine de devises émergentes a touché son plus bas niveau en un an. Depuis une semaine, la monnaie turque a plongé, perdant jusqu'à 18% dans la plus grosse chute enregistrée depuis 2001. "Particulièrement pour l'Afrique du Sud, car nous sommes devenus dépendants des afflux de capitaux étrangers", souligne pour sa part l'économiste sud-africain Gavin Keeton dans le quotidien Business Day.

La fin de la politique monétaire américaine accommodante pénalise en première ligne ces pays qui se financent sur les marchés internationaux pour soutenir leur croissance et leur développement, révélant leurs fragilités internes.

L'heure est venue de se ressaisir pour la Turquie.

"Si on greffe à ça la remontée des taux d'intérêt aux États-Unis, on a un ensemble qui devient éminemment négatif et auto-destructeur", poursuit-elle. Turquie: jusqu'où s'enfoncera la livre? Les marchés s'inquiètent de l'incapacité des autorités turques à maîtriser l'inflation galopante, qui a atteint près de 16 % en juillet en rythme annuel.

La livre turque est repartie à la hausse lundi, après son plus bas de 7,24 par dollar, la Banque centrale de Turquie ayant annoncé qu'elle fournirait toute la liquidité nécessaire aux banques, ainsi qu'une réduction des coefficients de réserves obligatoires (RO) exprimés en livre turque et en devises.

"La banque centrale surveillera de près la profondeur des marchés et les formations de prix, et prendra toutes les mesures nécessaires pour assurer la stabilité financière, si cela est jugé nécessaire", a ainsi déclaré la banque centrale dans un communiqué publié lundi matin. C'est le cas d'espèce à propos la livre turque dont les baisses répétées obligent le Président Erdogan à critiquer fortement la décision américaine de favoriser cette baisse.

L'euro a également souffert de la crise turque, avant de se reprendre en milieu de séance européenne, alors que la Banque centrale européenne s'est inquiétée vendredi de l'exposition de certaines banques.

Mais Rodrigo Catril, analyste senior à National Australia Bank, considère le rebond de la livre turque mardi comme un simple "sursis passager".

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