Belgique: les victimes de Dutroux repoussent sa main tendue

Edition numérique des abonnés

Belgique: les victimes de Dutroux repoussent sa main tendue

C'est avec colère que les familles des victimes de Marc Dutroux ont réagi à la lecture de la lettre que le criminel belge leur a adressée. Marc Dutroux, condamné en 2004 à la prison à perpétuité pour ces faits, purge sa vingt-troisième année de détention à la prison de Nivelles, près de Bruxelles. Vingt-deux ans après avoir enlevé, violé, séquestré et laissé mourir deux fillettes et deux adolescentes, le criminel belge a écrit aux familles des victimes, dans le cadre de sa demande de libération conditionnelle.

L'avocat Bruno Dayez a posté le courrier ce lundi après en avoir adapté le contenu, suite à la polémique, rapporte la DH.

Dutroux et sa " lettre d'apaisement ".

Il leur fait également savoir que dans l'hypothèse où elles souhaiteraient l'interpeller, " Marc Dutroux est prêt à vous répondre ".

Dans son message, l'homme regrette premièrement " le caractère tout à fait impersonnel puisqu'il commence par Madame Mademoiselle, Monsieur. Mais jamais nous n'avons eu la même version. "Chacun des inculpés avait sa propre version et tellement différentes qu'on ne sait qui croire", souligne encore Jean-Denis Lejeune. "Dutroux m'a envoyé un courrier de 44 pages où il se dédouane de tout, n'est responsable en rien vu que ce ne serait pas lui qui aurait tué Julie et Melissa, qu'il les aurait protégées des méchants, et qu'il ne serait pas responsable de leur mort puisque sa femme Michelle Martin était censée aller les nourrir dans la cache pendant qu'il était en prison".

Son but? Obtenir la libération conditionnelle de son client en 2021.

Dans la lettre, "l'avocat parle aussi de justice réparatrice". Et de conclure: "Il n'y a pas de place pour le dialogue avec votre client". Interrogés par les médias belges, plusieurs autres destinataires de la lettre ont exprimé leur écoeurement.

Jean Lambrecks, le père d'Eefje, 19 ans, enterrée vivante dans le jardin d'une autre habitation de Marc Dutroux, dénonce lui un "coup de publicité majeur d'un avocat avec beaucoup de temps et peu de clients", rapporte La Libre Belgique. Rencontré par France 3, Gino Russo, le père de Mélissa, n'a lui pas encore reçu la lettre mais n'entend pas se "faire violence" en la lisant: "je n'aurai pas la force de pardonner la manière dont ma fille a été séquestrée, violée puis est morte". "La lettre n'a même pas été traduite. Je laisse ça à Dieu".

Dernières nouvelles