En Argentine, rien n'arrête la chute du peso

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"Tension, course aux devises et rumeurs ont marqué ce jeudi noir dans tout le pays", écrit à sa une du vendredi 31 août le journal argentin Diario Uno, qui titre simplement: "Incertitude".

Le peso argentin a perdu 7% mercredi et jeudi à la mi-journée, il perdait 12%, portant à plus de 50% la dépréciation de la monnaie argentine depuis le début de l'année.

Hausses de prix et pénuries: le pays s'inquiète de voir revenir le spectre de la récession de 2001, où l'Argentine, en défaut de paiement, avait vécu la plus grave crise économique et sociale de son histoire moderne.

Mercredi, Mauricio Macri a essuyé un camouflet à Buenos Aires. Les membres du gouvernement assurent qu'il n'y a aucune comparaison possible.

Le peso argentin est au plus bas historique malgré l'aide du FMI, qui ne convainc pas le marché.

La 3e économie d'Amérique latine espérait ce vendredi un rebond du peso, qui s'est déprécié de plus de 50% depuis le début de l'année, en raison d'une crise de confiance des Argentins et des investisseurs, dans un contexte de forte inflation. En juin, l'Argentine a encaissé une première tranche de 15 milliards de dollars du prêt consenti par le FMI.

Le chef du gouvernement Marcos Pena récuse " un échec économique " et le président demande de la patience, mettant en avant que " le processus de transformation et de normalisation du pays " dure plus longtemps que prévu.

"On sait désormais que le FMI nous avance de l'argent pour être couverts l'année prochaine, mais en quelle quantité et à quelles conditions, ça, on ne le sait toujours pas", a-t-il déclaré à l'AFP. En contrepartie de ce prêt, le gouvernement argentin s'est engagé à réduire encore le déficit, avec un objectif de 2,7% en 2018 et 1,3% en 2019. Les gouvernements de Nestor Kirchner puis de son épouse Cristina (2003-2015) finançaient ce déficit par l'émission monétaire, alors que le gouvernement Macri comble le déficit, qu'il a ramené de 6 à 4%, par la prise de dette et une limitation des dépenses publiques. A Wall Street, les actions argentines ont chuté de 10% en moyenne.

La semaine dernière, une augmentation d'au moins 30 % du prix des transports publics, la hausse des tarifs de gaz et d'électricité et celle du prix de l'essence ont été un nouveau coup dur pour les citoyens qui survivent parfois grâce au troc. Dans son plan initial de relance de l'économie, Mauricio Macri tablait sur un afflux d'investissements étrangers dans les infrastructures, l'énergie, qui aurait alimenté la croissance et créé des emplois.

La CGT, la principale centrale syndicale du pays, a appelé à une grève nationale de 24 heures pour le 25 septembre.

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