La femme qui s'était dénudée à Lourdes voulait "incarner la Vierge"

Lourdes

Lourdes PASCAL PAVANI AFP

La franco-luxembourgeoise Déborah de Robertis, qui s'était montrée nue samedi dans le sanctuaire marial de Lourdes, a expliqué mercredi avoir voulu incarner dans un geste politique "l'apparition de la Vierge" mais aussi "Marie-Madeleine", contre l'exploitation économique du corps des femmes.

Elle devra comparaître devant le tribunal correctionnel de Tarbes (Hautes-Pyrénées) le 19 mai prochain pour exhibition sexuelle, indique le parquet dimanche.

"Les policiers ont été appelés par des personnes sur place, ils l'ont interpellée et placée quelques heures en garde à vue", a déclaré le procureur de Tarbes, au sujet de l'artiste franco-luxembourgeoise Déborah de Robertis qui s'est dénudée le 31 août dans le sanctuaire catholique de Lourdes.

Des personnes sont intervenues pour cacher sa nudité et ont prévenu les forces de l'ordre. "Nous avons appris qu'il s'agissait d'un acte prémédité, lié à une démarche prétendument artistique".

"Nous déplorons un tel mépris de la conscience religieuse et de la liberté de culte", poursuit le communiqué, qui demande "le respect du caractère sacré de nos lieux de culte conformément au principe de la liberté religieuse". Le service de communication des sanctuaires de Lourdes n'a pas souhaité commenter cette affaire.

Deborah de Robertis avait été convoquée en octobre 2017 devant le tribunal correctionnel de Paris pour exhibition sexuelle au musée du Louvre à proximité de la Joconde.

La juridiction parisienne l'a alors relaxée, retenant les arguments de la défense qui affirmait qu'elle accomplissait un "acte militant et artistique", et qu'il n'y avait donc "pas d'élément intentionnel" de commettre une exhibition sexuelle.

L'artiste est une habituée des prétoires. Elle avait en revanche été condamnée à 35 heures de travail d'intérêt général pour avoir mordu au bras un gardien. Cette performance consistait à "interroger la place des femmes dans l'histoire de l'art", avait-elle alors expliqué. En 2014 au musée d'Orsay, elle s'était assise, déjà nue et les jambes écartées, devant L'Origine du monde, le célèbre tableau de Gustave Courbet. En février, elle avait déjà été relaxée pour deux autres performances.

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