La Suède face à la tentation du repli — Législatives

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Les Démocrates de Suède, formation anti-immigration, nationaliste et europhobe obtiendraient environ 17 % des suffrages selon les premiers résultats partiels, après 12,9 % en 2014.

Le Parti social-démocrate du Premier ministre Stefan Löfven perdrait trois points par rapport aux législatives de 2014, tombant à 28,1% des suffrages, selon des résultats préliminaires portant sur plus de la moitié des circonscriptions. Les électeurs d'extrême droite sont en moyenne plus mobilisés que les électeurs des autres formations. Ils seraient devancés par les sociaux-démocrates crédités de 26,2% des voix.

Au même moment, dans le sud de la Suède où l'extrême droite a ses bastions, le président des "Sverigedemokraterna", Jimmie Åkesson, évoquait l'hypothèse de "devenir le premier parti du pays". Mais son camp est affaibli par le recul des écologistes, arrivés juste au-dessus seuil des 4% requis pour envoyer des députés sur les bancs du Riksdag, le parlement suédois.

Ls scrutin s'avère également décevant pour les conservateurs qui perdraient quatre points en quatre ans, atteignant péniblement 19,4% des voix.

Sur son compte Twitter, la présidente du Rassemblement national (ex-FN), Marine Le Pen, s'est réjouie d'une "mauvaise soirée pour l'Union européenne".

Depuis plus d'un siècle, le Parti social-démocrate du Premier ministre sortant Stefan Löfven et les Modérés (conservateurs) d'Ulf Kristersson se succèdent aux responsabilités en Suède.

En septembre 2015, Stefan Löfven justifiait l'ouverture au nom d'"une Europe qui n'édifie pas de murs". Aucun camp n'est proche d'obtenir plus de 50% des 349 mandats en jeu au Riksdag, le parlement suédois, annonçant de longues tractations dans les semaines à venir.

Une volte-face insuffisante pour l'extrême droite. Selon le sondage de sortie des urnes le plus favorable, publié par la chaîne publique SVT, le parti deviendrait le deuxième plus grand parti de Suède, devant les Modérés (conservateurs).

Les enquêtes d'opinion créditent de 16% à près de 25% des voix le parti des Démocrates de Suède (SD) qui, à l'image du parti Alternative pour l'Allemagne (AfD), dénonce comme une menace "culturelle" l'arrivée de centaines de milliers de demandeurs d'asile. "Il est donc naturel de lancer une collaboration entre les blocs", a déclaré devant ses partisans le Premier ministre sortant Stefan Löfven. Mais pour construire une majorité, il lui faudrait dynamiter le cordon sanitaire qui, jusqu'ici, tenait les Démocrates de Suède à distance d'une influence politique directe.

Samedi soir, en meeting dans la capitale, Jimmie Åkesson avait lancé un ultimatum au chef conservateur: "Kristersson a 24 heures pour répondre à la question: es-tu prêt à coopérer avec moi ou avec Stefan Löfven?".

Un pas qui pourrait s'avérer risqué, tant centristes et libéraux ont dit et redit leur refus d'un "pacte avec le diable".

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