La Russie annonce avoir retrouvé les suspects — Empoisonnement au Novitchok

Kirill Kudryavtsev AFP | Le président russe Vladimir Poutine le 10 septembre 2018

Kirill Kudryavtsev AFP | Le président russe Vladimir Poutine le 10 septembre 2018

Dans l'entretien, diffusé le 13 septembre, les deux hommes déclarent s'être rendus à Salisbury en tant que touristes.

"Nos amis nous avaient suggéré depuis longtemps de visiter cette ville fabuleuse", poursuivent-ils, ajoutant qu'ils voulaient découvrir "la célèbre cathédrale de Salisbury".

"Le gouvernement britannique a vivement réagi ce jeudi après la diffusion de l'interview". "Rien n'a changé", a réaffirmé un porte-parole de Downing Street lors d'un point presse. "Ils sont profondément offensants pour les victimes de cette attaque et leurs proches ". Ce sont des civils bien sûr. "Une arme chimique illégale a été utilisée dans les rues de notre pays. Ce sera mieux pour tout le monde", a déclaré le président russe. "Si ces deux suspects sont prêts à répondre à des questions à la télévision russe, qu'ils viennent ici répondre à des questions approfondies sur ce que nous savons qu'ils ont fait". Mais Vladimir Poutine assure qu'il s'agit de "civils" et non d'agents du renseignement militaire comme l'affirment les autorités britanniques.

Selon Londres, l'attaque au Novitchok sur les Skripal a été perpétrée par deux "officiers" du GRU (le service de renseignement russe). "On ne sait même pas où elle est!", précise Alexandre Petrov. "Nous avons demandé de manière répétée des comptes à la Russie sur ce qui s'est passé à Salisbury en mars, ils n'ont répondu que par des mensonges".

"Qu'un homme normal emporte avec lui du parfum pour femme, ce n'est pas étrange?", renchérit Rouslan Bochirov, ajoutant que les douanes britanniques ont "regardé toutes les affaires" et que ce détail aurait fait tiquer "n'importe quel policier".

L'affaire Skripal a fortement envenimé des relations déjà tendues entre Londres et Moscou et conduit à l'expulsion massive et réciproque de diplomates occidentaux et russes au printemps dernier.

Un mandat d'arrêt européen avait été lancé il y a une semaine par Londres à l'encontre des deux hommes suspectés d'avoir empoisonné l'ancien espion Sergueï Skripal au Royaume-Uni.

Pour rappel, l'ex-espion russe Sergueï Skripal et sa fille en Angleterre ont survécu à l'empoisonnement, ainsi qu'un policier contaminé en leur portant secours.

L'affaire a connu un rebondissement en juin quand un couple a été empoisonné au Novitchok à Amesbury, ville voisine de Salisbury, tuant une femme de 44 ans. Le couple avait manipulé un flacon ressemblant à une bouteille de parfum qui contenait l'agent innervant.

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