Les principales mesures annoncées par Emmanuel Macron — Plan pauvreté

Emmanuel Macron le 5 septembre 2018

Emmanuel Macron le 5 septembre 20181/2

La création d'ici à 2020 d'un "revenu universel d'activité" fusionnant plusieurs prestations sociales, annoncée jeudi par Emmanuel Macron, ne recèle "aucune intention cachée de remettre en cause certains droits", a affirmé la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn. Cette réforme doit "inciter à l'activité", "puisque chaque euro gagné par son travail se traduira par une augmentation du revenu disponible", a précisé le gouvernement dans un dossier de presse. "Cela revient à se satisfaire de reléguer à vie des gens dans la pauvreté".

Mais l'opposition a dénoncé l'insuffisance des moyens et le flou sur la mise en oeuvre du plan.

Récusant tout "tournant social", Emmanuel Macron a répété croire "à l'unité de la politique qui est conduite par le gouvernement". Fidèle à la métaphore utilisée depuis le début de son quinquennat, invitant "les premiers de cordée" à ne "pas oublier les derniers de cordée", le président de la République a annoncé toute une série de mesures touchant à de nombreux domaines.

"Personne n'est premier de cordée si le reste de la société ne suit pas", a-t-il souligné, en appelant "les premiers de cordée à ne pas oublier les derniers de cordée".

Les enjeux sont de taille: plus de huit millions de personnes en France vivent sous le seuil de pauvreté de 1015 euros par mois, selon les données de l'Insee en 2017.

" J'ai décidé qu'une obligation de formation jusqu'à 18 ans serait mise en place".

"Faire plus pour ceux qui ont moins" est le slogan qui s'affiche devant l'estrade du Musée de l'Homme à Paris où le président a commencé à prononcer, en fin de matinée, un discours qui devrait durer environ une heure pour présenter la "stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté".

En attendant des éclaircissements, on peut tout de même se féliciter des annonces plus concrètes et positives de ce matin. Un " bonus territoire " de 1.000 euros par place et par an pour les nouvelles places en crèche créées dans les quartiers prioritaires, un " bonus mixité " allant jusqu'à 2.100 euros par an pour les structures qui font davantage de place à la mixité sociale et un " bonus handicap " de 1.300 euros pour l'accueil des enfants en situation de handicap sont notamment prévus.

Mieux repérés, les jeunes de 16 à 18 ans sans projet seront systématiquement accompagnés par une mission locale et orientés vers une formation, un emploi, un service civique... La philosophie de ce texte s'appuie, selon l'entourage présidentiel, autour de deux piliers: la prévention de la précarité, notamment chez les plus jeunes, et l'aide à la réinsertion vers l'emploi.

L'Etat veut par ailleurs trouver des solutions avec les départements pour prolonger le suivi des enfants de l'Aide sociale à l'enfance.

Pour faciliter l'accès aux soins des plus vulnérables, l'aide au paiement d'une complémentaire santé (ACS) sera intégrée à la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-c) avec une participation financière inférieure à 1 euro par jour. Tout en exposant le cadre de son revenu universel d'activité, le chef de l'Etat s'est gardé de préciser si toutes les aides sociales seraient fusionnées à terme.

"En contrepartie, nous veillerons à ce que les devoirs soient respectés".

Pour lui, le "maquis des minima sociaux " actuels "n'est pas compatible avec un système fondé sur l'accompagnement et la reprise d'activité ".

Valorisé 8 milliards d'euros sur quatre ans, le plan du chef de l'Etat comporte, parmi les mesures fortes, la volonté de simplifier l'usine à gaz que représente aujourd'hui les différentes aides dont bénéficient les Français les plus modestes et de toucher aussi les 30% éligibles à ces dispositifs mais qui ne les sollicitent pas.

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