Les sociaux-démocrates largement en tête aux législatives — Suède

Les bureaux de vote ont ouvert dimanche matin en Suède pour le début des élections législatives

Les bureaux de vote ont ouvert dimanche matin en Suède pour le début des élections législatives. REUTERS Ints Kalnins

Sans surprise, les différents médias de l'Hexagone n'ont pas manqué de minorer le résultat des Démocrates de Suède, ne pouvant s'empêcher d'accoler autant que possible le qualificatif " extrême droite " à la formation de Jimmie Akesson.

Les sociaux-démocrates limitent la casse. Il a toutefois "raté son pari" de devenir la deuxième force du pays, avec au moins 20% de voix escomptés. C'est son plus mauvais score depuis l'introduction de la proportionnelle en 1911.

Le Parti social-démocrate recueillerait de 25,4 % à 26,2 % des suffrages, en retrait de cinq points par rapport aux législatives de 2014, sanctionné pour sa politique migratoire qui a vu l'arrivée en 2015 de 160 000 demandeurs d'asile, un record en Europe rapporté au nombre d'habitants.

Au final, sur les 349 places de parlementaires à pourvoir au Riksdag (hémicycle suédois), le bloc de gauche n'obtient que 144 députés contre 143 pour celui de droite. On parlerait d'espoir, si le score écrasant d'une extrême droite gonflée par les politiques libérales des sociaux-démocrates et des verts ne venait le piétiner. Les Modérés (parti conservateur) dirigés par Ulf Kristersson perdent quant à eux plus de trois points par rapport aux législatives de 2014, atteignant 19,8% des voix. Pendant ce temps, les Démocrates de Suède (extrême droite) continuent de croître et obtiennent leur meilleur résultat à une élection, avec 17,7% des voix.

Pour sa part, la présidente du Rassemblement national s'est réjouie sur le réseau social d'"une mauvaise soirée pour l'Union européenne". Des Démocrates qui ont fait l'objet d'une vive campagne de diabolisation en Suède comme dans plusieurs pays européens au cours des semaines précédant les élections législatives.

En septembre 2015, il justifiait l'ouverture aux réfugiés de Syrie, d'Irak ou d'Afghanistan au nom d'"une Europe qui n'édifie pas de murs".

C'est dans ce climat social que l'extrême droite peut se faire entendre et utiliser les immigrants comme boucs émissaires. A l'image du parti Alternative pour l'Allemagne (AfD), les Démocrates de Suède dénoncent l'immigration comme une menace "culturelle" et réclament le renvoi de centaines de milliers de personnes.

Les résultats encore provisoires donnaient les deux camps à égalité parfaite, à 143 mandats chacun.

Mais le bloc dit "bourgeois" prendrait la main si les Verts restaient à la porte du parlement.

Ce qui se passe en Suède suit le schéma politique général observé partout en Europe et dans la majeure partie du monde dans les conditions de la crise mondiale du système capitaliste. "Il est donc naturel de lancer une collaboration entre les blocs", a déclaré Stefan Löfven.

L'opposition est déterminée à déloger les sociaux-démocrates mais pour construire une majorité solide, il lui faudrait dynamiter le cordon sanitaire qui, jusqu'ici, tenait les Démocrates de Suède à distance d'une influence politique directe. Une stratégie qui pourrait s'avérer risquée, tant centristes et libéraux ont dit et redit leur refus d'un " pacte avec le diable ". Et le chef populiste de faire une offre de service: "Je suis prêt à parler, à coopérer, à négocier avec tous les partis, mais je veux surtout inviter Ulf Kristersson à négocier", a-t-il ajouté, en évoquant le patron des conservateurs.

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