Coupables de la mort de Méric condamnés: ses parents parlent aux caméras

Clément Méric les

Agnès Meric, la mère de Clément Méric et son avocate Cosima Ouhioun au tribunal de Paris le 4 septembre 2018

"Leurs avocats ont d'ores et déjà annoncé qu'ils comptaient faire appel".

"Ce qui est important aussi c'est qu'elle fait un sort au mensonge concernant le comportement de Clément et de ses amis dans cette affaire". Dénonçant une attaque menée par un groupe déterminé, soudé par "la haine" et une "fierté mal placée", l'avocat général avait requis jeudi une peine de 12 ans de réclusion criminelle à l'encontre de l'Axonais, qui avait reconnu être l'auteur des coups mortels. Eyraud, lui, assure n'avoir frappé personne. Quatre ans dont deux avec sursis avaient été requis contre lui.

La rixe s'était déroulée sur le bitume de la rue Caumartin le 5 juin 2013, en marge d'une vente privée de vêtements de la marque Fred Perry.

La mort du jeune homme choque l'opinion et fait ressurgir le spectre des violences d'extrême droite, dont les rangs s'étoffent à la faveur des manifestations contre le mariage homosexuel. Le gouvernement dissout plusieurs groupuscules d'ultradroite, notamment Troisième voie dont étaient proches les accusés.

Pour l'avocat général, la "bataille aurait pu être évitée" si les skinheads n'avaient pas choisi, en sortant du showroom, d'aller "droit" sur les jeunes antifascistes qui patientaient dans la rue. Invités à s'exprimer une dernière fois avant que la cour se retire pour délibérer, les accusés, des "manuels " élevés avec peu de mots ou en "patriotes", ont répété qu'ils étaient "désolés " face à la famille de Clément Méric, fils d'universitaires et étudiant à Sciences Po.

Dans son bref réquisitoire, l'avocat général n'a pas cherché à reprendre un à un les éléments d'un dossier où témoins et expertises se contredisent.

"Je ne me résous pas au gloubi-boulga juridique, avait bondi l'avocat de Samuel Dufour, Antoine Vey". Dufour affirme s'être battu, mais pas avec Méric. "Mais vous ne pouvez pas condamner Dufour pour ce qu'il n'a pas fait!", a-t-il tonné. "Ce procès est la première partie, il y aura une seconde manche", a réagi Me Patrick Maisonneuve, l'un des conseils d'Esteban Morillo.

"L'incarcération n'est jamais une victoire", a estimé Agnès Méric, la mère de Clément, avant de quitter le palais de justice. "Ce qu'il faut, c'est continuer à lutter contre ce qui fait le terreau de l'extrême droite".

Au même moment, 500 militants et sympathisants antifascistes manifestaient à Paris, scandant: "Clément!"

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