Le Parlement européen réclame des sanctions contre la Hongrie

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Les députés européens ont activé la procédure de l'article 7, qui pourrait conduire à des sanctions sans précédent contre Budapest. Ils dénoncent la menace "systémique" visant les valeurs de l'Union européenne dans le pays dirigé par Viktor Orban.

La procédure de l'article 7 est rarissime: elle a été lancée pour la première fois fin décembre 2017 contre la Pologne, à l'initiative de la Commission.

La principale formation politique dans l'hémicycle accueille en effet en son sein le Fidesz de Viktor Orban (12 représentants sur les 218 eurodéputés du groupe). Hier, plus que ce vote symbolique, le Parlement a lancé une campagne électorale qui n'a jamais été autant décisive pour l'avenir de l'Europe. Il y a eu le "discours sur l'état de l'Union", prononcé par Jean-Claude Juncker, dans lequel il a appelé à une "souveraineté européenne" partagée.

À l'issue de cette décision, la réaction hongroise ne s'est pas fait attendre. Le ministre des Affaires étrangères, Peter Szijjarto a estimé que le vote n'était "rien de moins qu'une petite vengeance des politiciens pro-immigration". "Cette décision de condamner la Hongrie et le peuple hongrois a été prise alors que nous, Hongrois, avons prouvé que la migration n'est pas un processus nécessaire et qu'il est possible de stopper l'immigration", a-t-il ajouté. De son côté, la France a salué la position du Parlement européen, évoquant un "signal très fort".

Comme l'a rappelé le numéro deux de la Commission européenne Frans Timmermans, l'exécutif européen a jusqu'à présent recouru à plusieurs procédures d'infraction pour exprimer son mécontentement à l'égard du gouvernement hongrois: sur le non-respect de la législation de l'UE en matière d'asile, sur la loi qui rend passible de poursuites pénales l'aide aux migrants, sur le financement des ONG et sur la loi sur l'enseignement supérieur, allant jusqu'à citer la Hongrie devant la justice de l'UE. L'organe parlementaire regrette également les multiples violations de la démocratie et des droits de l'homme constatées par les institutions européennes depuis l'arrivée au pouvoir du Fidesz, le parti de Viktor Orban.

Le Conseil, statuant çà la majorité qualifiée, peut décider de suspendre certains des droits découlant de l'application des traités de l'Etat membre en question, y compris les droits de vote du représentant du gouvernement de cet Etat membre au sein du Conseil. Elle a été atteinte malgré le soutien apporté à Budapest par les différents groupes politiques d'extrême droite et eurosceptiques.

Soutenue par les sociaux-démocrates, les libéraux, les Verts et la gauche radicale, mais dénoncée par les groupes souverainistes qui siègent au Parlement, le sort de la résolution dépendait surtout du vote du PPE (Parti populaire européen).

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