Santé: "nous devons restructurer pour les 50 années à venir", estime Macron

Les personnels de l’hôpital psychiatrique Pierre Janet du Havre ont occupé cet été le toit de leur établissement en guise de protestation contre leurs conditions de travail

Plan Santé : première ordonnance

Le projet, porté par la ministre de la Santé, a pour but d'améliorer la qualité des soins dans les établissements de santé.

"Je veux que le système de santé soit l'un des piliers de notre État-providence du XXIe siècle (.) Nous devons le restructurer pour les cinquante ans à venir".

"Au total, 3,4 milliards d'euros seront injectés dans cette " transformation " globale, dont 1,6 milliard pour " la structuration des soins dans les territoires ", 920 millions pour l'investissement hospitalier, 500 millions pour la " transformation numérique " et 420 millions pour " l'évolution des métiers et des formations ", a détaillé le ministère de la Santé. "L'exercice isolé doit devenir l'exception d'ici à 2022", a tranché la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.

La première année commune aux études de santé (Paces) donne actuellement lieu à un concours très exigeant: sur les quelque 60.000 étudiants inscrits, seulement 13.500 ont été autorisés cette année à poursuivre leur cursus en médecine, odontologie (dentaire), pharmacie ou maïeutique (sages-femmes).

Concernant le problème chronique des déserts médicaux, le Président a fait valoir que son long "compagnonnage " avec le corps médical (ses deux parents sont médecins) lui avait fait comprendre que toute coercition était vouée à l'échec.

Si les conseillers de l'Elysée refusaient, hier, de révéler le montant de l'effort financier réalisé certains avançaient le chiffre de 400 millions d'euros supplémentaires.

L'exécutif espère "dégager d'importantes marges de manoeuvre" en réduisant le nombre d'examens médicaux "inutiles", dont le coût est estimé entre 10 et 20 milliards d'euros. Aujourd'hui, c'est officiel: l'horrible numerus clausus n'existera plus en 2020.

Agnès Buzyn l'affirmait en début d'année: le plan qu'elle présentera ce 18 septembre "ne sera pas une énième réforme de l'hôpital", comme elle l'affirmait déjà en début d'année.

Le programme du premier cycle va également évoluer, afin d'intégrer l'évaluation des compétences humaines et relationnelles (compétences qui seront prises en compte pour l'internat de médecine dès 2022). Dans ces territoires en manque de couverture médicale, les hôpitaux de proximité et les centres de santé accueilleront 400 médecins généralistes salariés. Ces assistants auront pour mission de "décharger" les médecins des tâches administratives et de certains "actes simples comme une prise de tension ou de température", a précisé l'entourage du chef de l'Etat. La lutte contre les déserts médicaux arrive en tête des priorités. Par ailleurs, les communautés professionnelles de territoire de santé (CPTS) assureront partout en France des permanences le soir et le week-end, afin de fluidifier les relations entre la médecine de ville et l'hôpital et ainsi désengorger les urgences remplies " d'urgences non vitales ". "Cela ne marchera pas" d'après Emmanuel Macron et provoquerait une démotivation dans cette profession. La première année restera accessible à tous les bacheliers sans exception, via la plate-forme Parcoursup. A la faculté de médecine, des étudiants en médecine qui ont réussi à accéder en deuxième année pensent qu'il faudra un autre type de sélection, et des mesures alternatives.

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