Avion abattu en Syrie: Poutine et Netanyahu s'opposent sur la version israélienne

La Russie va livrer des systèmes antiaériens S-300 à l’armée syrienne

La Défense russe présente ses preuves de l'implication d'Israël dans le crash du Il-20 en Syrie

Le renforcement des capacités de défense du régime de Bachar al-Assad annoncé quelques heures plus tôt par le ministre de la Défense Sergueï Choïgou " vise avant tout à éviter toute menace potentielle pour la vie des militaires russes ", a indiqué la même source.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réaffirmé lundi au président russe Vladimir Poutine sa confiance dans les conclusions de l'enquête de l'armée israélienne après la destruction d'un avion russe en Syrie, selon un communiqué de son bureau.

"Nous allons continuer à agir préventivement contre l'enracinement militaire iranien en Syrie et nous allons poursuivre notre coordination militaire entre les IDF (Forces de défense israéliennes) et l'armée russe", a dit Netanyahu devant la presse avant de s'envoler pour New York où il doit s'exprimer lors de l'assemblée générale de l'Onu.

L'armée russe a accusé dimanche Israël de lui avoir fourni "des informations trompeuses" qui ont conduit au crash de l'Iliouchine-20 accidentellement abattu lundi par la défense anti-aérienne syrienne peu après un raid de l'aviation israélienne.

Dès le lendemain du drame qui a coûté la vie à 15 de ses soldats, Moscou avait pointé la responsabilité pleine et entière de l'armée israélienne et averti de mesures de rétorsion l'ambassadeur de l'Etat hébreu, aussitôt convoqué.

Moscou a annoncé hier qu'il va passer outre les demandes pressantes de l'Etat hébreu qui s'était jusqu'ici opposé farouchement à la livraison des batteries S300 commandées par l'armée syrienne en 2010 pour renforcer son système de défense antiaérienne.

"Nous sommes convaincus que la réalisation de ces mesures va refroidir les têtes brûlées et empêchera les actes irréfléchis constituant une menace pour nos soldats", a déclaré le ministre de la Défense Sergueï Choïgou lors d'une déclaration diffusée à la télévision. "Dans le cas contraire, nous réagirons de manière appropriée", a-t-il ajouté.

Actuellement, les S-300 opérés par les Russes sont déployés autour de la base navale russe de Tartous, des S-400 plus modernes étant déployés sur la base aérienne de Hmeinim (ouest). Preuve que la Russie n'a pas cru un seul instant la version brandie par Israël, assurant dans un communiqué que ses avions ne "s'étaient pas cachés derrière un quelconque appareil et que les appareils israéliens se trouvaient dans l'espace (aérien) israélien au moment où l'avion russe a été abattu".

De son côté, le ministre de la Défense Sergueï Choïgou a indiqué que "la navigation par satellite, les radars de bord et les systèmes de communication de toute aviation militaire attaquant des cibles sur le territoire syrien seront supprimées dans les zones adjacentes à la Syrie, en mer Méditerranée".

La destruction de l'avion, due selon Moscou aux actes "prémédités" des pilotes israéliens, ne peut qu'affecter les relations entre les deux pays, a affirmé dans le même temps le porte-parole du Kremlin. L'armée russe est présente en Syrie depuis septembre 2015, répondant à l'appel du gouvernement du président Bachar al-Assad qu'elle soutient dans son combat contre les différents groupes terroristes, ce qui a permis à Damas de reprendre le contrôle de la majeure partie du territoire.

Israël a multiplié en Syrie les bombardements contre des positions gouvernementales, des convois d'armes destinées selon lui au Hezbollah, et de manière intensifiée ces derniers mois contre des cibles iraniennes.

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