L’Assemblée nationale s’enfonce dans le rouge

L’Assemblée nationale s’enfonce dans le rouge

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Il va donc devoir puiser dans ses réserves près de 47 millions d'euros - sur 318 millions d'euros au total - au lieu des 28,4 millions prévus à la fin 2017. "A plus long terme, la question de l'équilibre du budget devra être reconsidérée, le niveau de la dotation de l'Etat et la dynamique constatée dans l'évolution des charges de l'Assemblée nationale apparaissant comme incompatibles", peut-on lire dans le document confidentiel.

Le rapport cité par Le Parisien évoque notamment l'acquisition, décidée en 2016, pour 63 millions d'euros de l'hôtel de Broglie, bâtiment de 7.000 m2 voisin de l'Assemblée. Elles devraient augmenter " l'an prochain de plus de 11 % par rapport au budget initial de 2018", précise " Le Parisien ". En cause: la hausse des frais de secrétariat des groupes et des députés, le régime de retraites, les charges de représentation de trois commissions (Affaires Etrangères, Finances et Défense) ou encore les déplacements des députés du fait de l'augmentation des voyages en avion et de leurs tarifs.

La réforme du système des retraites des députés, votée l'an dernier à l'Assemblée, alourdit en effet énormément le budget 2019. D'abord, la baisse des pensions prévue ne touchera que les futurs retraités.

"La réalité, c'est qu'on a un cap, une méthode et un agenda", a dit ce proche du nouveau président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand. Des pensions qui font mal au portefeuille du Palais Bourbon, après le renouvellement sans précédent de la dernière législature. "En revanche, la réduction de l'assiette des cotisations (soit les recettes) est d'ores et déjà entrée en vigueur", détaille Le Parisien.

Mais les retraites ne sont pas les seules à vider la bourse du Palais Bourbon.

Comment expliquer cette situation, malgré les mesures prises depuis juin 2017 pour réduire les dépenses de l'Assemblée?

Le quotidien ajoute qu'un autre poste de dépense, intitulé "Autres charges", explose également.

Par ailleurs, les "autres charges" (telles que les nomme pudiquement le budget de l'Assemblée nationale) s'envolent en 2019 avec une augmentation à 160%, soit plus de 16 millions d'écart entre le budget prévisionnel et le budget réel. Il s'agit de frais de comptabilité ou postaux mais aussi de l'équipement des députés et de leurs collaborateurs en ordinateurs et tablettes.

"Ce sont, pour la plupart d'entre elles, des dépenses d'investissement nécessaires à la modernisation de l'Assemblée et à l'efficacité du travail des parlementaires".

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