Démission de Collomb : Macron et le gouvernement tentent de dédramatiser

Démission de Collomb : un successeur à trouver dans l’urgence absolue

Le Premier ministre était dans l’hémicycle lors de

Usé par l'exercice ministériel, fatigué par l'attitude d'un président isolé et abîmé par cette rentrée catastrophique, Gérard Collomb a préféré partir et retourner dans son fief local où il a ses réseaux, ses ancrages et ses électeurs.

Certains d'entre eux font des suppositions ironiques quant aux possibles raisons de la démission soudaine de M.Collomb qui avait longtemps été considéré comme l'un des plus loyaux partisans de M.Macron. Comme il semble loin, ce 15 juillet, après cet été meurtrier politiquement pour le président, s'étirant de l'affaire Benalla à la démission, actée mardi soir à minuit, du ministre d'État Gérard Collomb.

Interrogé ensuite sur le sujet, Édouard Philippe a dans un second temps souligné qu'"il revient au premier ministre de proposer au président de la République la nomination ou la fin de fonction de ministres".

Puis il a livré une première critique de nature politique voilée. Pour lui, "la situation est très dégradée et le terme de reconquête républicaine prend dans ces quartiers tout son sens".

Au cours de ladite cérémonie, le Premier ministre a rassuré les Français sur la question du remplaçant de Gérard Collomb. "Nous vivons une époque difficile avec des menaces, à l'extérieur de notre territoire et parfois sur notre territoire (.). Mais celle qui vient de se clore est parfaitement à son honneur", a estimé ce proche d'Emmanuel Macron. Dans une époque pas si lointaine de l'histoire politique, les ministres se battaient coûte que coûte pour rester.et non pour partir. Les chiffres, eux, sont cruels: en quinze mois de présidence, sept ministres ont quitté le gouvernement, dont trois ministres d'Etat. "C'est la chienlit au sommet de l'État", a commenté Boris Vallaud, le porte-parole du PS.

Gérard Collomb a fait valoir qu'Emmanuel Macron avait déjà "bougé" sur les retraités, touchés notamment par l'augmentation de la contribution sociale généralisée (CSG). En août dernier, le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot a annoncé sur France Inter avoir décidé de quitter le gouvernement, considérant que son action n'avait permis d'obtenir que des "petits pas" en matière environnementale. "L'Etat fonctionne (.), le gouvernement est parfaitement à sa tâche", a déclaré le chef de l'Etat selon Benjamin Griveaux. "Si tout le monde se prosterne devant lui..." mettait en garde Collomb ces jours-ci, alors Macron se coupe de tous. Une décision prise dans la nuit et dans l'urgence par un exécutif dépassé par l'obstination publique de Gérard Collomb. Collomb, quarante et un ans de mandats derrière lui, sait où l'arrogance en politique peut conduire: au terminus des prétentieux.

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