Dossier du nucléaire iranien : la CIJ désavoue Washington

La CIJ se prononcera mercredi sur les sanctions américaines contre l'Iran

La justice internationale se prononce sur les sanctions américaines contre l'Iran

La République islamique avait choisi de porter plainte contre Washington en juin 2018, arguant que les Etats-Unis avaient violé le traité d'amitié et de relations économiques signé avec le pays en 1955.

Prenant le parfait contre-pied, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a au contraire estimé devant les caméra qu'il s'agissait d'une "défaite pour l'Iran", car la juridiction de La Haye "a rejeté à juste titre toutes les requêtes sans fondement de l'Iran" pour suspendre plus globalement les sanctions américaines, a-t-il affirmé.

Mike Pompeo a aussi annoncé que les Etats-Unis mettaient fin à un "traité d'amitié" de 1955 avec l'Iran invoqué par la CIJ pour justifier sa décision.

Face au rétablissement des sanctions, l'Iran a saisi la Cour internationale de justice (CIJ) pour lui demander de suspendre ces sanctions le temps d'étudier le dossier sur le fond - ce qui pourrait durer quelques années.

"Régime hors la loi", a rétorqué son homologue iranien Mohammad Javad Zarif.

Accusant les Etats-Unis d'"étrangler" son économie, l'Iran a entamé une bataille judiciaire devant la CIJ après la réimposition par Donald Trump de sanctions unilatérales sévères contre Téhéran, qui avaient été suspendues à la faveur de l'accord international sur le nucléaire iranien.

La Cour, basée à La Haye et plus haute instance judiciaire des Nations unies, rendra son ordonnance lors d'une séance publique qui débutera à 10H00 (08H00 GMT).

À l'unanimité, ils ont ordonné au gouvernement américain de "supprimer toute entrave" à "la libre exportation vers l'Iran de médicaments et de matériel médical, de denrées alimentaires et de produits agricoles" et de biens nécessaires à la sécurité de l'aviation civile, a déclaré le juge président Abdulqawi Ahmed Yusuf.

"[Les sanctions américaines qui comprennent des] restrictions aux importations et aux achats nécessaires à des fins humanitaires [.] risquent de nuire gravement à la santé et à la vie de personnes se trouvant sur le territoire iranien", a statué la Cour.

Enfin, la Cour enjoint aux deux parties de s'abstenir, durant l'attente d'une décision définitive, de toute mesure de nature à aggraver leur différend en l'attente d'une décision définitive.

Mais il n'est pas certain que les deux nations se plient à la décision des juges dans cette affaire: Téhéran et Washington ont tous deux déjà ignoré l'avis de la Cour dans le passé.

Depuis le retrait américain de l'accord international censé empêcher la République islamique de fabriquer l'arme atomique, l'administration Trump n'a eu de cesse de hausser le ton.

Washington et Téhéran n'ont toutefois plus de relations diplomatiques depuis 1980.

Par sa campagne de "pression maximale", le gouvernement américain espère faire plier Téhéran et l'amener à négocier un vaste traité à ses propres conditions draconiennes. Une politique qui a des "conséquences dramatiques" sur l'économie iranienne, selon Téhéran.

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