Ours en Béarn : Claverina et Sorita ont rejoint Néré et Cannellito

Pyrénées : les opposants mobilisés contre le lâcher des ourses

Le Deodic David

"On n'a pas vu s'il y avait un ours dedans", a dit jeudi matin Olivier Maurin, chef de file des éleveurs béarnais antiours, en annonçant une future "battue d'effarouchement".

" Une première ourse femelle en parfaite santé a été relâchée ce matin aux alentours de 9h dans le Béarn", avait indiqué jeudi le ministère de la Transition écologique". Le "Béarn, les Pyrénées, les bergers sont sacrifiés", a plus tard estimé dans un communiqué David Habib, député PS du département, en redemandant "une étude d'impact sur la réintroduction de ces deux ourses". Annoncée le 20 septembre, la réintroduction des deux ourses (il ne reste plus que deux mâles dans le secteur) s'inscrit dans le cadre d'un "plan ours" lancé par Nicolas Hulot. Mais dénonce "les attitudes inacceptables" des personnes "qui se croient autorisées à faire des barrages sur les routes, à me menacer avec des fusils", dit-il.

Avec des tracteurs et des ballots de paille, bâtons de bergers à la main, ils ont filtré puis barré la circulation sur les routes de la vallée, à la recherche du plantigrade dont la rumeur annonçait l'arrivée imminente. Dans la nuit de mercredi à jeudi, ils ont tenté de repérer et arrêter les véhicules susceptibles, selon eux, de transporter un ours, qui a finalement été emmené sur les lieux de sa libération en hélicoptère. "Moi, j'ai pris un arrêté municipal interdisant aux loups d'être sur le territoire de la commune".

La nuit tombe. Des bergers, désormais une trentaine, tirent des fusées de détresse et quelques feux d'artifice. Les téléphones sonnent. Chacun y va de sa théorie sur le lieu de lâchage. "De chez nous, on a vu passer l'hélicoptère qui longeait les crêtes, avec une caisse qui pendait au bout d'une élingue", racontent Cécile et Jean, installés à Sarrance, à France Bleu Béarn.

Des bergers s'en réjouissent: "Depuis la nuit des temps, les ours ont toujours été là, on a toujours cohabité. On ne les voit pas et cela ne change rien à notre vie", dit Elise Thébault, bergère à Etsaut. "On va la guetter", a ajouté le chasseur, aujourd'hui sans armes. "La population est déterminée".

Les barrages ont été levés en milieu de matinée, selon Bison Fûté.

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